« Ilo tsy very » l’incompris

Solo Randrasana, le pionnier du cinéma malgache, est parti vendredi (Photo Hery Rakotondrazaka)

Premier film malgache tourné en 35 mm, « Ilo tsy very » est l’œuvre de Solo Randrasana. Sa réalisation a été vécue comme un drame par le cinéaste.
Après sa mort, les descendants de Solo Randrasana se souviennent d’un homme qui a beaucoup donné pour la culture malgache. Une partie de son histoire ressemble pourtant à un drame politico-culturel. Son film « Ilo tsy very », le premier écrit et réalisé par un Malgache en 35 mm est le centre de l’affaire.

« Bien qu’il ait écrit et réalisé le scénario de ce long métrage, mon père n’a pas voulu assister à sa première sortie au cinéma Soa en septembre 1987. C’était la ministre de la culture de l’époque qui l’a supplié de venir », rappelle Eric Randrasana, son fils aîné, assistant de son père durant tout le tournage. La raison évoquée par les proches se situe dans une mascarade jouée dans les hautes sphères.

« Nous avons travaillé avec les Algériens, une équipe de 24 profesionnels étrangers et des tonnes de matériels. Ces derniers ont exigé une csontre partie car ils représentaient une société d’État. Le gouvernement malgache a alors proposé l’Omda comme interlocuteur en lieu et place de Solo Randrasana », ajoute le fils.

Les évènements se sont bousculés au cours du montage, durant le quel le réalisateur a été empêché de participer en Algérie.

Manipulations

Dans un tel état de révolte, le cinéaste a été confronté à une toute autre histoire au vu du résultat final. « Certes, les dialogues ont été respectés, comme les plans et les cadrages. Mais Ilo tsy very a été complètement déformé au montage. Les responsables étatiques malgaches ont stipulé que le scénario originel ne correspondait pas aux idéaux révolutionnaires prônés durant cette période », continue son fils. De plus, la plupart des acteurs du film, représentant les artistes révolutionnaires, ont été imposés par les autorités étatiques. « Parmi les acteurs que mon père a pu recruter, il y avait par exemple Olivier Ratsimbazafy. Lors de l’avant première, les Algériens se sont aussi posés des questions sur cette manipulation historique», se souvient Eric Randrasana.

Maminirina Rado
Lundi 29 août 2011  source lexpressmada.com

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