Cocktail explosif de tous les genres

Rüdiger Opperman, le harpiste (à g.) partage un morceau avec Monja Manitsindava, pour un duo de sons de cordes inédit (Photo Claude Rakotobe)
Quand le ruisseau paisible et tranquille malgache rencontre le grand fleuve majestueux allemand, il coule une certaine douce fureur.
Dans le cadre du festival Angaredona, Rüdiger Oppermann, Tri gasy et Monja Manintsindava ont fait des trois heures de concert au CGM Analakely, mercredi soir, un véritable régal. Encore une fois, Rüdiger Oppermann, un des meilleurs harpistes au monde, a partagé un concert étonnant avec le public malgache.

Le lauréat de l’« Hessian Cultural Price for Avantgarde music » en Allemagne exploite, avec sa harpe celtique, un large répertoire, allant des airs orientaux aux rythmes africains, en passant par des improvisations uniques. Ouvert à tous les styles, il s’est montré à l’aise en jouant des morceaux malgaches comme dans des mélodies de jazz ou du blues.

Côté malgache, Tri gasy a été la révélation de la soirée, regroupant la chanteuse Soameva, Dana et le valihiste, Daniel Ramaroson. Le groupe navigue sur la nouvelle vague de cette subtile fusion des cultures musicales sakalava, antakarana et betsimisaraka.

C’est le début d’une série de rencontres qui va aboutir à une musique inclassable, tout simplement universelle.

Monja Manintsindava a, quant à lui, invité le public à redécouvrir le beko.

Improvisations

De sa voix puissante, Monja distille ces « antsa » d’incantation. Toute la richesse de la culture du Sud s’est dévoilée à travers cette musique plus vivante que jamais. Son marovany aux sonorités boisées révèle un style profondément ancré dans la tradition.

Un véritable moment de délectation arrive à la fin du concert. Successivement, le guitariste Sammy, le valihiste Rajery, et le saxophoniste Seta ont accompagné Rüdiger Oppermann qui savoure avec plaisir chaque moment et chaque mélodie. Des moments d’échanges et de complicité.

« Ce sera le dernier morceau que nous allons vous proposer. C’est une musique de l’Afghanistan, jouée à la malgache » lance le harpiste. Tandis que les musiciens se cherchent et se trouvent au gré d’explorations instrumentales et improvisées, Monja et Soameva se donnent des répliques dans un duel de beko aux couleurs de rap slamé. Le titre se termine sur un ton festif et joyeux.
Domoina Ratsara
Vendredi 23 septembre 2011  source lexpressmada.com

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