Masoala chanté par Jaojoby et Razia Saïd

Razia Saïd (centre) et Jaojoby Eusebe (à dr.) ont la même conviction
Patrimoine mondial devenu célèbre par les trafics qui ont mis à mal son état, la forêt de Masoala a trouvé des protecteurs de marque. Les artistes de renom s’engagent.
Le mouvement « Mifohaza Masoala » ou « Masoala réveilles-toi » vient de voir le jour. En tête d’affiche se trouvent l’artiste malgache résidente aux États-Unis, Razia Saïd, et Jaojoby Eusèbe, qui porteront la parole des natifs de la région limitrophe à Masoala pour l’occasion.

Depuis quelque temps, ce patrimoine mondial se trouve sous les feux des projecteurs, pas trop en bien cependant. Le roi du salegy n’y va pas par quatre chemins. « Les gouvernements successifs ont pratiqué la gabegie. Si le dicton Qui aime bien châtie bien a été appliqué, nous ne serions jamais arrivés là », s’insurge-t-il. Présent lors du lancement, Théo Rakotovao, le leader du groupe Mikea, ajoute une couche en se référant à la forêt des Mikea.

« Tous les programmes environnementaux pratiqués dans ce pays ont été sans résultats. Il faut y intégrer le volet culturel car, par exemple, les jeunes de chez moi ne connaissent rien de ce qu’on entend par environnement à cause des approches trop intellectuelles », explique-t-il.

Une arme efficace

Ce mouvement ressemble plus à un combat culturel, d’après ces points de vue. Razia Saïd, initiatrice de « Mifohaza Masoala », tempère et donne une vision plus posée. « La culture à travers la musique est un moyen plus que jamais avéré pour interpeller les gens, et surtout la masse », met-elle en évidence. Il suffit d’écouter l’album « Zebu Nation » de cette chanteuse sur la question environnementale. Son engagement peut bien être pris au sérieux, loin des doux messages habituels qui ne sont considérés que comme des phénomènes de mode.

Au programme alors, ce sera un concert à Antalaha le 29 septembre avec les deux artistes, Razia Saïd et Jaojoby Eusèbe. « Mifohaza Masoala », c’est une activité de trois jours jusqu’au premier octobre, où l’objectif est surtout de relier Musique et environnement. Plusieurs entités se trouvent partie prenante, comme Madagascar National Parks, les ONG Care et WCS, la fondation Tany Meva et bien d’autres encore.

Maminirina Rado
Mardi 20 septembre 2011  source lexpressmada.com

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