« Exuvie » ou vers engagés à Analakely

Hemerson Andrianetrazafy, un artiste engagé, refuse d’être une plume qui crachote de simples vers (Photo Sergio Maryl) Hemerson Andrianetrazafy, le théoricien-praticien en art contemporain, se révèle aussi être un poète surprenant.

Dans «  Exuvie », une exposition de Rfaral et de Hemerson qui se tient depuis le  11 octobre à l’Espace Rarihasina Analakely, on découvre Hemerson  Andria­netrazafy, le poète. Ses poèmes contemporains tout comme ses  gigantesques tableaux fascinent et invitent au voyage.
Et pourtant.  Son premier contact avec la littérature est un peu forcé. Fils d’un  bibliovore, il s’est laissé « gaver de fables, de poèmes, de romans,…  ». S’ensuit la découverte des écrivains et poètes comme La Fontaine,  Victor Hugo, Ronsard, Lamartine et plus tard Beaudelaire. « Avec la  pratique, on s’y fait. On l’intègre et elle devient une seconde nature  », avoue le poète.
Après une période où il se livre à des pastiches  d’alexandrins emphatiques à la Victor Hugo, c’est l’heure de  l’introspection. Exit les poèmes révélateurs de mal-être et de  tristesse, cette « culture d’une mélancolie voulue, d’une tristesse et  d’un spleen cultivés » pour laisser la place au vide.
« J’ai arrêté  avec ce faux-semblant de moi. Je me suis livré à un exercice, celui de  laisser mes réflexions errer. Je me jette sur moi-même un regard  distancé pour m’adonner à l’auto-dérision » confie l’artiste.
A bonne école
Mais  à travers ses poèmes, on découvre un poète bilingue qui manie aussi  bien le français que le malgache. Le malgache, il le redécouvre dans la  lecture d’un bout à l’autre, à maintes reprises, de la Bible. « L’aspect  rude et rugueux de ce malgache dépassé » l’a toujours fasciné. Une  expérience qui lui a permis de s’enquérir du sens des mots.
Dans «  Efa leo ve itena » ou encore « Fitatao vody hifehezana vahoaka », il  détourne les mots pour en attribuer de nouveaux sens. Sans parler de ses  jeux de polysémie. Comme dans la peinture, il fait appel à la  sensation, au rythme, aux couleurs pour exprimer son ressenti. Entre les  vers, c’est un artiste engagé qui se dévoile.
« Exuvie » - la quête du mieux être et l’espérance d’un mieux devenir - est à découvrir au Rarihasina jusqu’au 18 octobre.

Domoina Ratsara  source lexpressmada.com

Samedi 15 octobre 2011

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