Dissertation de jazz à Ankatso

Le groupe Tryazz apprécié dans un silence de cathédrale hier à Ankatso (Photo Claude Rakotobe)
À la place d’un cours magistral, les universitaires ont eu droit à un concert de jazz. Un changement de décor à l’effet fulgurant.
Le jazz à l’université, ce serait comme Platini à la peinture. Il faut s’attendre aux surprises. Pourtant, c’est dans une cathédrale de la faculté Degs archi comble, à se demander si ce ne serait pas Joseph Stiglitz qui y tient un cours, que quatre groupes de jazz ont donné une prestation époustouflante. Le groupe Körb a débuté ce long exposé musical, avec à sa tête l’enseignant chercheur Serge Henri Rodin.
Ce dernier a manié une flûte traversière au lieu des craies et éponges. Plein de charme dans un morceau de Koto adala ou le chanteur fou, qui n’est autre que Charles Trenet. Pour mieux dire que le jazz n’est qu’une question de sensibilité, pas une lubie d’intellect. Ce petit traité permet à la formation Nata Db de faire son entrée en matière. Toony, l’afro leader du groupe commente.
« C’est notre envie de composer que nous voulons mettre en avant. Notre objectif est de prendre du plaisir, rien que ça ». Sa prestation qui vire au rock sans pour autant surclasser le jazz s’est tout de suite emparée de la salle. Dix sur dix, pour Toony et compagnie. Composé en partie d’universitaires, cette formation commence à prendre de l’envergure dans le milieu de la musique urbaine de la capitale.
Jazz et relax
Dehors, Thomas Enhco, aussi relax que le premier de la classe avant son examen, roupille sur un des piliers de la cathédrale du Degs en attendant de rendre sa feuille. Tout baigne. Sa prestation durant laquelle se mêlent improvisation de très haut niveau et jeu d’ensemble millimétré, a abasourdi les universitaires. Si possible, ils se seraient levés et auraient dansé sur les bancs. Auparavant, Serge Henri Rodin déclarait lors de sa prestation, « Nous sommes venus pour donner du fun, faire danser la jeunesse. C’est-à-dire, proposer le meilleur sans compter », s’est-il réjoui. Tryazz et Jamy Pedro, venus de la Réunion, ont conclu cette dissertation musicale à quatre parties. Maloya émaillé de rythmes ternaires de l’océan Indien, mastiqué par des rythmes binaires du jazz, le théorème mélodique du quartet surprend autant qu’il intrigue. Cela annonce la fin du cours, mais pas du travail à faire pour les érudits d’Ankatso.

Maminirina Rado
Jeudi 13 octobre 2011  source lexpressmada.com

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