Festival Madajazzcar 2011 7 à 77 ans de jazz avec Dédé Rabeson

Dédé Rabeson n’a pas perdu la main, pardon, le souffle. Il en a donné la preuve hier au gymnase d’Ankorondrano (Photo Maminirina Rado)
Un des monuments du jazz malgache, Dédé Rabeson, a donné une prestation digne d’un maître, hier au gymnase d’Ankorondrano. La spéciale des spéciales.
Trois groupes et trois styles, trois groupes et trois générations. Le concert au gymnase couvert d’Ankoron­drano hier soir, entrant dans les activités du festival Madajazzcar 2011, a donné un aperçu de ce qui peut se faire en matière de jazz à Madagascar. Comme il faut un début à tout, les Malgaches Koontet, jeunes téméraires, se permettent déjà de créer leurs propres morceaux. Même Thüryn Mitchell, aux faux airs d’Angus Young du groupe AC/DC, s’est entouré des meilleurs comme Nicolas Vatomanga ou Do Amdriam­belo. L’expression le dit si bien « le meilleur pour la fin», la formation de Dédé Rabeson, du haut de ses 77 ans, est monté en dernier.
L’aîné a parlé
« Je lui voue un grand respect. Il fait partie d’une dynastie de musiciens », s’émerveille le présentateur d’un soir et président du festival, Désiré Razafindrazaka. À ses côtés, son fils Datita Rabeson, qui soudain se trouve derrière le synthétiseur. Une autre surprise à laquelle seuls les chanceux du gymnase ont pu goûter durant la soirée.
L’expérience s’est ensuite exprimé, dans une simplicité entremêlée à une grande virtuosité. Dédé Rabeson ne s’impose jamais, il attend et apparaît au moment propice, comme un peintre qui veut capter les variances de la lumière d’un paysage sur sa toile. Cela donne une limpidité des notes sortant du saxophone du maître que l’assistance capte dans son imaginaire.
À la deuxième chanson de la formation, honneur au latino avec « Corcovado » de Antônio Carlos Jobim. Lalanto, la chanteuse fétiche du groupe, donne tout ce qu’elle sait faire. Un voyage sonore sous l’oreille approbateur de l’ambassadeur Mauricien, Gérard Lemaire. Après plus de six morceaux, malgré que Dédé Rabeson ait encore l’air d’en avoir à revendre, la prestation touche à sa fin, sous les applaudissements d’une salle conquise. Cette seule apparition de ce ténor du jazz malgache a placé la barre assez haut pour les suites du festival Madajazzcar 2011.

Maminirina Rado
Mardi 11 octobre 2011  source lexpressmada.com

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