Antanimora Quand l’art fait évader

Un poète en herbe devant les tableaux de Gosinary (Photo Sergio Maryl)
En prison, l’art contribue largement à tous les rêves d’évasion. Coup d’oeil dans un vivier de talents inattendus.
L’ONG allemande Madagasikara Namako, en collaboration avec l’administration pénitenciaire, a organisé une journée culturelle hier à la bibliothèque du quartier C de la maison centrale d’Antanimora. Expo-vente de dessins, de peintures, d’articles de décoration et bijoux en aluminium, déclamation de poèmes, intermèdes musicaux,… Bref, une demi-journée d’évasion.
Pour ne pas sombrer dans l’ennui, les détenus ont été encouragés à fréquenter la bibliothèque - la seule pour les plus de 2000 hommes détenus à Antanimora - et à réveiller les talents cachés. Ils sont une dizaine à vouloir se dévoiler pour cette première manifestation.
« A chaque fois que je viens pour voir comment fonctionne la bibliothèque, je les ai toujours encouragés à ne pas perdre leur temps, et à entretenir le talent qu’ils ont » précise Basilisse Rakotomalala, représentante de l’ONG à Madagascar.
Un encouragement qui porte ses fruits. Gosinary, un ex-steward a seulement découvert son talent pour le dessin en prison. En aquarelle, il déterre les différents portraits de nos 18 ethnies et la vie quotidienne. En miniature, il dresse la liste des pratiques traditionnelles comme le savika, le combat de coqs, les jeux sous la pleine lune, les joueurs de flûte traditionnelle,…
Talents prisonniers
Toujours dans le dessin, Thonny se distingue avec ses portraits réalisés au crayon. Il n’a rien à envier aux portraitistes à la minute sur le parvis du jardin d’Antaninarenina. Ses modèles, Gallieni ou encore la Sainte Vierge. Il lui arrive également de copier les scènes de massacre des colons, des images qu’il a trouvées dans un livre.
C’est dans la littérature que les détenus d’Antanimora sont les plus productifs. Des poètes et écrivains en herbe se dévoilent sans complexe, dans des thèmes variés comme le patriotisme, l’amour ou le désespoir. Coté musique, Mamy Rakoto­malala n’a pas manqué de surprendre les invités avec la version de Marcel Dadi de la Mayan Dance, la valse vénézuelienne.
Dans les rangs des invités figurent la directrice générale du CITE Ambatonakanga, Isabelle Gachie, et son mari, Jean-Claude Vinson, des responsables auprès du ministère, notamment de l’insertion sociale, et des journalistes.

Domoina Ratsara
Samedi 12 novembre 2011  source lexpressmada.com

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