Landy Volafotsy impressionne

Jeu sublime, acteurs pimpants de spontanéité, la pièce théatrale « La paix » jouée à l’IFM deux jours de suite a plus que séduit. Quand dieux et hommes font jeu égal.
La guerre est bien utile pour la compagnie Landy Volafotsy, sans cela elle n’aurait pu jouer « La paix » à l’Ifm durant deux jours, ce week end. Il s’agit d’une pièce d’Aristophane écrit vers l’année 700. Si la première représentation a valu un « standing ovation » mérité, la deuxième n’a été qu’une formalité. L’histoire est simple, les humains devaient monter sur l’Olympe pour délivrer la paix. La guerre faisant rage sur terre, c’était donc le moyen ultime pour retrouver la sérénité sous le soleil. Sans compter sur celui qui s’est adjugé la mission salvatrice. Incarné par Ramaka de la compagnie Landy­ Volafotsy, le père Lagnole est un énergumène richissime empli d’orgueil, corrupteur, perfide
Bref, le bonhomme ne déborde pas de qualité.
Il est accompagné par sa femme, la mère Lagnole, jouée par un homme. Chauve, bourrin, la mère Lagnole est une empêcheuse de tourner en rond pour son mari. La particularité de l’écriture d’Aristophane est de ne pas trop se prendre au sérieux sur les sujets graves. Comme l’a souligné le metteur en scène Vincent Collin à l’ouverture de la pièce.
Dolphius Odeamson, avec sa valiha, massacre les Lagnole avec un sarcasme déroutant. Avant et après chaque acte, il sort de la pénombre et joue au « speaker » pour guider l’auditoire.
Burlesque et déjanté
Le décor est planté. Dans le deuxième acte, le couple arrive à l’Olympe par le biais d’une machine volante. Le voyage se déroule sous l’impulsion d’un chant populaire malgache des années ’30. L’autre particularité de la mise en scène de Vincent Collin est de rendre le burlesque charmeur avec des airs musicaux chantés dans un timing parfait.
L’histoire continue. Tout ne semble pas si « clean » dans les cieux. Hermès est le seul à garder la barraque. Tous les dieux se sont calfeutrés on ne sait où. Tour à tour, les scènes se succèdent avec une légèreté professionnelle des acteurs. Hermès , joué par Phillipe Blancher, gagne des dessous de table, la paix semble être une déesse casse-pied, la déesse de la guerre, un personnage pédant. Mais enfin, tout le monde finit par s’accorder et l’équilibre est retrouvé.
Maminirina Rado
Lundi 30 janvier 2012  source lexpressmada.com

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