Danse d’Afrique, danse de l’âme

danse africaine ifm« Regarde moi encore », « Tout n’est pas perdu », deux créations chorégraphiques qui ont l’air de se répondre. La première est de Fatou Cissé, une femme, et la seconde de Maman Sani. Tous deux viennent d’Afrique. Un continent qui se lit à travers la danse, parle un même langage. Celui de l’âme. Cette fibre continentale, le public malgache pour ainsi dire, même si plus de la moitié de la salle était occupée par des étrangers, l’a ressentie. Bref, la Sénégalaise a raconté le calvaire de la femme africaine. « C’était une expression par rapport à des expériences que j’ai vues. À travers, la manière de vivre de différents milieux. Les femmes urbaines et les citadines par exemple. Il y a des choses que l’une peut accepter et l’autre pas, et vice versa », explique Fatou Cissé.
Dans la salle, plusieurs chorégraphes de renom ne lâchaient aucun mouvement de la danseuse. À sa manière, elle traduisait presque des banalités. Comme le fait remarquer Lovatiana Rakotobe, de la compagnie Rary. « Les deux danseurs ont eu leur propre langage. Pour Fatou Cissé, elle s’est inspirée des gestes du quotidien », souligne la Malgache.
Miroir de la danse
Rien de conceptuel donc, que du terre à terre comme les multiples douleurs que vivent les femmes d’Afrique, et haro sur la discrimination. La pièce a duré trente minutes. Pour la seconde, le jeune Maman Sani dans « Tout n’est pas perdu » a tout simplement parlé de lui. Il a utilisé son corps comme un miroir de la société. Il se défend quand même de verser dans le narcissisme artistique. « Ça été comme un déclic. Un jour, j’ai voulu faire une pièce qui raconte des fragments de ma vie. Surtout ceux qui m’ont fait évoluer. En partant de soi même, c’est plus facile d’aller dans l’essence des choses », explique le Nigérien. La danse de Maman Sani est très physique, c’est comme si des vagues s’agitaient
incessamment en lui. « Le niveau technique est élevé, toutefois il n’y a rien de
sophistiqué », concède Njiva Andrianan­tenaina de la compagnie Garango.

Maminirina Rado
Lundi 26 mars 2012  source lexpressmada.com

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