Alain Chatard, un air de Libertalia

album libertalia ademik tananariveRévélation Pop world Indocéanie 2012, Alain Chatard vient de sortir« Libertalia », en pleine saison hivernale. Un album aromatisé à découvrir.

Écouter un extrait de l’Album Libertalia  ICI
En un album, Alain Chatard ouvre les fenêtres de son univers. Celui d’un fils d’une Réunionnaise et d’un Franco-malgache, donc métissé et ouvert à tous vents. « Libertalia », son nouvel opus, est une brique de plus dans la construction de l’indocéanisme. Progressiste, poétique, suave, lumineux et angulaire. Des arrangements aux textes, tout a été travaillé avec une minutie d’horloger. Fourni, le côté
« instrus » a été réalisé avec des artistes comme Samy Andriamanoro, Mika et Davis, Olombelo Ricky, Nicolas Vatomanga, Jean Emilien, Silo, Rajery, Etienne M’bappé, Louis Winsberg… Bref, une armada de professionnels aguerris. Le premier titre « Avec ou sans toi » démarre les douze morceaux de l’album. La basse d’Etienne M’bappé, en toute dexterité, soutient le rythme funky de cette complainte d’un pirate à la liberté.

Double face

Il faut aussi le faire, avec cette rythmique à l’accordéon de Solofo Bota. Belle trouvaille. Si bien que « Libertalia » a même inspiré une nouvelle marque de bière locale.
Le deuxième titre, « À feu et à vif », parle de la souffrance de la terre, mais ne fera jamais souffrir l’oreille. Probablement l’un des morceaux les plus « twist » de cet album. Il y a du tout et de quoi se lâcher. « À te secouer », le septième morceau, est une parade nuptiale à la samba et teintée de chœur indien. Du métisse, quoi. Et ce refrain, « Dessus dessous tes hanches, tu m’as secoué … », suffit à lui même.
Libertalia se conclut, comme il a démarré, par un morceau environnemental que Théo Rakotovao transcende d’une incantation.
« La vie d’avant ». Le petit hic de « Libertalia », c’est ce côté luxuriant de débandade sonore. Il dégage un aspect de « trop-plein de », frisant parfois le stéréotype. À l’écoute, on hésite entre la poétique de Marc Lavoine, très années ’80, et l’assise musicale d’un Patrice Bart-Williams, dans un tout autre registre. Cependant, l’opus ne lasse pas, surprend même à la troisième ou à la quatrième écoute.

Maminirina Rado
Vendredi 29 juin 2012   source lexpressmada.com

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