Sahavato écarte Rafarahasimanga

Premier duel assez rude qui a opposé Sahavato à Ambohimandroso. Au nombre de billets récoltés et l’intensité des applaudissements, le premier l’a emporté haut la main.
Au moins quatre chapeaux de billets, un tonnerre d’applaudissements après chaque discours et performance, c’est ce que la troupe de Raedisami­manana de Sahavato a récolté, le temps d’un après-midi, sur le parvis de l’Hôtel de ville dans le cadre de la deuxième édition du « Hiragasy makotrokotroka » organisée conjointement par la CUA et l’ORTANA. Pas que la troupe de Rafarahasimanga Georgine d’Ambohimandroso n’était pas à la hauteur, elle a juste eu le malheur de passer avant le redoutable Raedisami­manana qui a mené son équipe d’une main de maître.
Autour du thème Mba mailo fa misy ny fiovana, l’équipe de Raedisamimanana aborde les thèmes à bâtons rompus, avec humour et pertinence. « Méfiez-vous des politiciens ! Quand ils auront leur siège, ils vous oublient ! » lancent ces jeunes chanteurs à l’avenir prometteur. Rien à dire sur la performance textuelle et scénique. Les textes percutants étaient structurés dans un ensemble cohérent et homogène. Rien de plus pour convaincre le jury qu’est le public.
Quand les chanteurs de Sahavato dénoncent la prolifération des sectes et les pratiques des gourous qui vont jusqu’à exploiter les femmes des fidèles, le public s’esclaffe de rire. On apprécie aussi le vieux Raedisami­manana arborer un grand sourire, médaille d’honneur à la poitrine, et se dandiner mollement au rythme de la musique de sa troupe.

Coloré

Les chanteuses sont bien maquillées et coiffées dans leurs robes satin rose tandis que les hommes gardent le rouge vif des mpihira gasy.
Rafarahasimanga Geor­gine d’Ambohimandroso reste sur le ton dénonciateur dans « Mifanohitra foana ny fiainana fa ny marina ihany iainana ». Critique de la société dans tous ses états, allant de la vie de couple à la politique, en passant par la collision du christianisme à la tradition. Le langage est assez surprenant en piochant dans le « variaminana » comme dans l’argot ou encore le malgache populaire, celle que parle le Malgache de la rue.
Chez les femmes, sourcils bien tracés, contour de lèvres bien dessiné, vernis multicolore, look résolument coloré. La jeunesse s’est montrée particulièrement talentueuse et prometteuse dans cette troupe. Des chanteurs aux danseurs, ils sont de plus en plus jeunes à s’initier à cet art ancestral. Aux mélodies de Fanja de Princio, les acrobaties s’enchaînent au grand bonheur des amateurs d’art martial.
Domoina Ratsara
Lundi 23 juillet 2012   source lexpressmada.com

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