Filiére Crocodile – La régularisation bloquée

L’Etat ne dispose pas de financement pour l’organisation de la filière crocodile. On attend le budget alloué par la Cites.
Beaucoup de travail à faire. La suspension du moratoire imposé par la Cites (Convention on international trade in endangered species of wild fauna and flora) sur la filière crocodile dépend de l’organisation du secteur. Or, cette filière fait partie de celles qui sont les plus désorganisées. Des recommandations ont été faites par cette organisation mais leur réalisation est encore en attente de financement.
« À cause du départ des bailleurs de fonds, nous ne disposons pas de budget spécial qui nous permettrait de régulariser la filière. Par contre, la Cites a alloué 300 000 dollars pour la mise en œuvre de la politique du commerce de la faune et de la flore. Nous leur avons demandé d’en utiliser 25 000 dollars pour l’élaboration du cahier de charge sur les crocodiles et pour effectuer les inventaires », a indiqué Sahondra Rabesihanaka, chef de service faune auprès du ministère de l’Environnement, hier.
Malhonnêteté
La partie malgache attend la réponse à sa requête. Cette responsable explique l’importance de la somme demandée pour une filière par l’importance du crocodile en terme fiscal. « La filière crocodile représente 25 % de la redevance recueillie grâce à la faune et flore», justifie-t-elle. D’où l’importance de la levée du moratoire et la reprise de l’exploi­tation. Sahondra Rabesihanaka soutient, cependant, que cette somme est insuffisante pour la restructuration en amont et en aval de la filière. Allant des animaux jusqu’à l’exportation, tout nécessite une régularisation. Elle dénonce une malhonnêteté de la part des opérateurs en général, l’une des raisons qui ont incité la Cites à suspendre l’exploitation.
La tricherie se manifeste, parfois, à travers la taille de l’exploitabilité. Celle-ci devrait se limiter entre 20 à 50 cm de largeur ventrale, et de 27 à 70 cm de largeur dorsale. Des exploitants de cet animal ne respectent pas toujours ces normes. La malhonnêteté ne concerne pas que les petits maroquiniers. Cepen­dant, il est plus facile de faire un suivi auprès des fermes. «Quand nous procédons à l’exportation, nous avons un quota imposé par le ministère, à respecter pour la collecte des animaux sauvages», explique Zoly Randrianatoandro, directeur technique de Croc Farm.
Judicaëlle Saraléa
Samedi 22 septembre 2012 source lexpressmada.com

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