JuliaA met l’homme face au bonheur

La fabuleuse et complexe quête de la plénitude vous entraîne dans un univers tantôt tourmenté tantôt joyeux. Aucune indication sauf « poussez la porte et plongez dans l’imaginaire.»
La complexité, la profondeur et la luminosité se côtoient dans les tableaux de JuliaA, Julia Arslane de son vrai nom. Installée à Mada­gascar depuis un an, cette art-thérapeute de formation, révèle les différentes positions de l’homme face au bonheur dans cette exposition intitulée « La fabuleuse et complexe quête de la plénitude » à l’Is’art Galerie Analakely du 6 au 27 septembre.
Tel un conte, JuliaA raconte la quête de la plénitude dans toute sa complexité. Dans un quadriptique à dominance bleu et noir, l’artiste dévoile l’homme qui va à la quête du bonheur, parfois las, et l’attend au coin ou croit l’avoir atteint. Dans un grand tableau illuminé par un grand cercle jaune au milieu, on voit l’homme réduit à un petit personnage en trait, qui essaie d’attirer le bonheur vers lui.
À mi-chemin entre l’abs­trait et le figuratif, cette collection de Julia est née des rencontres et discussions qu’elle a eues avec son entourage depuis son installation à Madagascar en 2011. Le poids de la crise et l’héritage d’une société capitaliste ont fait revenir l’homme à l’essentiel, la quête du bonheur. Une merveilleuse expérience qui lui a permis d’expérimenter de nouvelles techniques.

Liberté

« En France ou ici, je pense que c’est ce que nous recherchons tous. Trouver le bonheur est l’objectif de chacun » confie l’artiste.
D’un tableau à un autre, les émotions sont différentes. On se laisse agréablement toucher par le foisonnement festif et lumineux de ce tableau où tout semble en mouvement. On dirait que ces hommes ont atteint leur bonheur et s’en emparent. Juste à côté, le débordement et la confusion déstabilisent. L’homme, puissant et grand, essaie de saisir l’insaisissable.
Ici, les tableaux sont sans titre pour laisser au visiteur le choix de plonger dans
l’imaginaire. Ni guide ni indication. L’artiste veut laisser l’observateur s’abandonner dans son univers et se l’approprier. « L’important, c’est l’émotion. Je ne veux pas imposer au public ce que je veux » a-t-elle lancé.

Avec une licence en Médiation culturelle et communication de l’Université de Nancy II, Julia Arslane a débuté dans la peinture en 2008 suite à ses rencontres avec de nombreux artistes, lors de sa formation en art-thérapie. L’abstraction s’est imposée à elle dès le début, et suite à ses lectures et contemplations d’oeuvres, le mouvement de l’abstraction lyrique, né après guerre semble être celui qui se rapproche le plus de sa manière de travailler et de son idée de l’esthétique. Elles s’inspirent des oeuvres de Zao Wu ki, Pierre Soulages, Mark Rothko, Serge Poliakoff, Franz Kline, De Kooning… Madagascar l’a toujours attirée depuis son enfance. La liberté que le pays offre dans le milieu artistique l’a séduite. L’artiste s’est installée à Antananarivo depuis septembre 2011.

Domoina Ratsara
Samedi 08 septembre 2012 source lexpressmada.com

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