Le Louvre, l’intouchable génie Silo

Quand Silo arrive sur scène, c’est comme le Petit Poucet qui a perdu son chemin. Pourtant dès que ses doigts touchent un instrument, il se transforme en génie intouchable et en ogre sonore. Des témoins du phénomène, il y en avait ven­dredi soir lors de son concert au Louvre à Antaninarenina. Pour beaucoup, les scènes de l’artiste se sont faites rares depuis quelques mois.
C’était sans doute pour faire une réapparition où les escadrons sonores et les improvisations martiennes étaient au rendez-vous. « Il dégage une vibration intense, d’abord par sa présence, sa manière d’être au contact avec son instrument. Après, sa musique, c’est de la folie », reconnaît Fidy Ramonjazafy, spectateur emporté par ce qui se déroulait sur scène. Du répertoire à sa manière de jouer tout semble être millimétré, comme s’il savait telle chanson fera son effet après que celle-ci soit jouée.
D’autre part, Silo aurait pu bien être un trois étoiles qui juxtaposerait avec passion les goûts s’il avait eu l’onction des fourneaux. Au Louvre il a joué ses titres, Anjeliko, Rn7 et tant d’autres, mais avec cet artiste chaque morceau est une redécouverte. L’artiste fait parfois perdre la tête. « On s’attend toujours à ce qu’il trouve quelque chose et improvise. Alors, le morceau déjà connu s’en trouve transcendé. Je ne peux plus faire la différence entre improv’ et préparation », se perd Gael Rafidisoa, public amateur de jaaz, dans ses réflexions. Après plus de deux heures de concert, tout le monde était scotché sur son siège espérant que Silo ne s’arrête jamais. Mais comme pour toutes les bonnes choses, il y avait une fin.

Maminirina Rado
Lundi 01 octobre 2012 source lexpressmada.com

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