Le tapis mohair disparaît

La confection du tapis Mohair fait toujours face au problème de matière première. L’élevage de chèvre ne s’inscrit pas encore dans les priorités du ministère.
Jusqu’à quand y aura-t-il encore de la laine C’est la question que se posent des artisans spécialisés dans la fabrication du tapis mohair. Ils craignent en effet la disparition de leur activité. Ils soutiennent avoir de plus en plus du mal à trouver de la laine de qualité et de quantité. Or, ce produit fait partie des symboles d’Ampanihy, et a permis à plusieurs ménages de subvenir à leurs besoins. Pour compenser, nombreux sont ceux qui sont obligés d’acheter des pelotes à Toliara, ce qui explique la mauvaise qualité des soi-disant tapis mohair sur le marché. Spécialisé dans la fabrication de ce produit, Le Tapis malgache a pour sa part opté pour l’importation de ses matières premières. Une démarche qui s’avère être très cher.
« Nous sommes obligés d’importer de la laine. Ce qui nous fait un coût de revient phénomenal », confie Eric Mallet, un ressortissant français qui s’est lancé un défis de « faire revivre coûte que coûte le tapis mohair malgache ». Il expose jusqu’au 20 octobre des tapis mohair de qualité, confectionnés par des artisans d’Ampanihy, au Café de la Gare.
Ordre de prioirté
Ce passionné de mohair et de cette zone fait aujourd’hui face à un autre défi. « L’équipe de Tapis malgache s’est rendu compte de l’importance de l’exode rural. Si rien n’est fait, il n’y aura plus que des vieux à Ampanihy. C’est pourquoi, nous avons fondé l’association « Fa­nampisoa, les mères du Sud», qui aura comme vocation de former les jeunes dans le tissage et la bijouterie», rapporte toujours Eric Mallet. Les membres seront libres de se lancer seuls dans l’activité une fois formés, ou travailler pour Le Tapis malgache. En effet, cette société ambitionne d’augmenter sa production pour « être plus crédible » sur le marché international.
Mais le problème reviendra toujours au même. Même si Madagascar ex­porte du tapis Mohair, l’importation de laine multi­pliera les charges ce qui pourrait nuire à la compétitivité. Les artisans estiment ainsi que seule la redynamisation de l’élevage de chèvre pourrait redonner vie à cette filière. Or, à en croire le discours du ministre de Tutelle, Ihanta Randria­mandrato, à l’occasion de l’inauguration du laboratoire de simulation artificielle porcine vendredi, ce type d’élevage ne figure pas dans les priorités actuelles.
« Trois type d’élevage sont à prioriser. Le bovidé, le poulet malgache ainsi que l’apiculture. Notre objectif est de maintenir le label malgache », avait-elle déclaré.

Judicaëlle Saraléa
Jeudi 11 octobre 2012 source lexpressmada.com

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