Le jazz croisé au classique avec Gershwin

Le concert de midi se met entre le jazz et le classique.

Belle découverte à travers une interprétation sans faute de Reinhard Schwarte et ses invités.
Le concert de midi de Mada­gascar Mozar­teum à l’IFM Anala­kely, hier, a pris la couleur du jazz avec les œuvres de George Gershwin, le musicien américain inclassable qui « a accompli le miracle de faire de la forme jazz une lady du grand monde ».
Dès le Prelude n°17, un solo pour piano, ça sonne drôlement jazz ! Une impression qui se confirme avec un autre solo, The Man I love joyeux, un peu à l’image de l’esprit jeune et enthousiaste de la vie américaine.
Après ces deux œuvres, Reinhard Schwarte, s’est attaqué à l’incontournable Rhapsody in blue, qui réunit la forme du concerto classique aux éléments du jazz. Les premières notes ont déjà conquis le public. Le glissando d’entrée de la trompette d’Ilyia Kleimennoff annonce déjà le triomphe. Cette œuvre hybride a aussi révélé un excellent pianiste à la technique irréprochable. Son style tantôt percussif tantôt calme a bien servi cette œuvre magistrale.
Dynamisme
Très long, Rhapsody in blue offre des moments de dialogue et de complicité entre le pianiste et le trompettiste. Si Reinhard Schwarte semble avoir les yeux rivés sur ses partitions, et s’en éloigne, Ilyia Kleimmennoff le rattrape pour l’entraîner dans des échanges mélodieux. Le duo a offert une relecture qui laisse apprécier fraîcheur des mélodies et dynamisme.
La troisième œuvre reste toujours dans le même esprit. A woman is a sometime thing, un superbe échange ! Extraite de l’opéra Porgy and Bess, ce morceau, aux airs de berceuse, illustre cette synthèse réussie des techniques orchestrales européennes, le jazz américain et la musique populaire. L’énergie communicative des deux concertistes a réussi à donner plus de charme à l’œuvre.
Et l’ambiance s’est prolongée avec Summertime et Someone to watch over me distillées par la voix soprane de Holy Razafindrazaka. Bess you is my woman now a clôturé en beauté ce voyage musical inédit dans le monde de Gershwin. La reprise a été tellement étonnante qu’on oublie qu’ils étaient juste quatre et non toute une orchestre.

Domoina Ratsara
Jeudi 22 novembre 2012  source lexpressmada.com

 

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion