Archéologie – Un canon de deux siècles mis à jour

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L’histoire reste encore à enrichir à Madagascar, sept archéologues ont fait une découverte poignante, hier, sur les hauteurs de la capitale. Un rendez-vous compté en siècles.

Premier triomphe pour six apprentis archéologues et leur professeur. Hier, au sud de l’église Fjkm d’Antsahatsiroa et en aval, à l’ouest du palais de Manjakamiadana, un canon vieux de deux siècles a été sorti de terre. Pour le moment, les hypothèses fusent. « Nous estimons qu’il se situe vers la fin du dix huitième et le début du dix neuvième siècle », évalue le professeur, spécialiste reconnu mondialement en archéologie et en patrimoine, Rafolo Andrianaivoarivony. Qui se trouve à la tête de cette équipe. Le mystérieux objet gît pour l’instant sur les hauteurs d’Antananarivo, attendant de livrer tous ses secrets.
Au début de cette histoire, le gardien de la paroisse locale Jean Marie Rasoloari­manana. Aussi pieux qu’un missionnaire, c’est ce quinquagénaire qui a découvert le canon il y a deux ans de cela. « On allait recueillir de la terre pour entretenir un jardin sur les lieux et c’est là qu’on l’a découvert », raconte t-il. En bon citoyen, il a été allé prévenir le ministère de la Culture. Cette dernière a laissé faire le temps sans doute encore bouleversée par la perte de la couronne de Ranavalona III. Pour finir, à 10 h de ce beau jour du 22 mai, la tête du canon a été libérée. Vers 16 h, la totalité de l’objet a été entièrement extirpée de sa prison de terre et d’histoire.
Hypothèses multiples
Deux hypothèses se posent aux chercheurs. « Soit il a été déplacé, soit il a été placé ici en guise de défense contre l’ennemi », émet Vahatriniaina Andriamanantena, quatrième année en étude culturelle et archéologie à l’Université d’Antananarivo. Le spécialiste opte pour la première option, mais des fouilles plus approfondies vont confirmer l’une des hypothèses, car il s’agit encore de trouver le support de la pièce. Le canon est en effet dirigé vers Fort Voyron, siège des Français à cette époque pour asservir la royauté. Une hypothèse digne d’un roman, toutefois tout reste encore à vérifier scientifiquement. « Ce canon a des similitudes avec ceux qui se trouvent à Ambohijatovo », concède Toky Fitiavana Rasami­manana, étudiant en master en archéologie. À première vue donc, la pièce est de fabrication étrangère. C’est une importation. « En matière d’armement Madagascar a surtout fait des commerces avec les Anglais », ajoute t-il. Ce serait une abréviation « Rm » ou Ranavalomanjaka qui cristallisera toutes les réponses. Pour lui, l’importance de cette découverte est d’abord la découverte de l’objet. Une histoire à suivre dans ses multiples évolutions, apportant sûrement quelques richesses au patrimoine Malgache.

Maminiaina Rado

23 Mai 2014 source lexpressmada.com

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