Décès – Zeze Mahanoro, l’activiste, s’en est allé

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Mahanoro vient de perdre l’un des ses fils Madagascar a, par contre, perdu une référence nationale. Zeze Mahanoro s’en est allé lundi à Toamasina, dans les premières heures du jour, à l’âge de soixante ans. C’est une maladie pas encore communiquée au grand public qui l’a emporté pour son ultime voyage. C’est tout un courant musical que Zeze Mahanoro a porté sur ses épaules et dans ses chansons durant plus de quarante ans. Chacun se souviendra de l’époque kaiamba. Un style de musique qui fait et fera encore des nostalgiques pour un très long moment.
« C’est sur ses chansons Mainty aho et Sombinaiko que j’ai appris mes premières notes de guitare », fait savoir amèrement Lego, une figure du salegy et de l’accordéon malgache. La nouvelle a déjà dépassé les frontières du pays. Tirike, le patriarche du tsapiky, ne trouve plus de mots et arrive juste à dire
« C’est grave ». Ces deux maestros de la musique parlent d’une légende. Dans ce cas, les titres restent pour le pays. Il y a les « Nahoana no mitomany », « Mananjary », les berceuses d’une génération ’70 et ’80 des quatre coins de la Grande Île.
« C’est l’art qu’il avait en lui. Il mérite d’être estimé », déclare Gégé Rasamoely, comédien et une des voix de la Radio Nationale Malagasy. Néanmoins, il concède que durant ces dernières années, Zeze Mahanoro a été un peu oublié.
Il a sans doute raison, mais tout jeune guitariste des quartiers et des couloirs de Madagascar a déjà joué l’un de ses airs, sans savoir de qui il est.
Pour le moment, sa dépouille est veillée à Toamasina, auprès de ses amis et des artistes locaux. L’un des titres qui a marqué sa carrière était sans doute « Mainty aho », littéralement « Je suis noir ». Une chanson aux paroles évocatrices et un vrai pavé dans la mare pour les conformistes d’ambiance. Il a dénoncé le racisme sans retenir ses mots. Un extrait ne serait pas de refus. « Mainty aho/Izany angamba no tsy hitiavana ahy/Fotsy ianao izany no hiraherahanao/Aiza re ny fahasambarana nodiavina taloha/Maty teo ny fitovian-jo ». Une chanson d’activiste notoire, comme l’ont fait les Bob Marley et autres légendes.

Maminirina Rado

28 Mai 2014 source lexpressmada.com

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