Elo mainty suscite la curiosité

IMG_0460Le premier film d’Imasobank, signé par Andry Rarivonandrasana, n’a pas surpris. « Elo mainty » n’a aucun mystère, il déplie un portrait de société classique.

L’effet de communication recherché a bel et bien opéré pour ce premier film d’Imasobank, qui a annoncé, il y a quelques mois, la sortie de ce film sans l’avoir fait. Hier après-midi, dès 15 heures, le parking du Jumbo Score Ankorondrano s’est rempli progressivement. Vers 18 heures, le groupe Raboussa monte sur scène pour chanter quelques titres. Niry de Raboussa et Safidy de Isa, roa, telo, qui ont signé la bande originale du film, ont terminé cette partie.
À 18 heures passées d’une dizaine de minutes, le public s’impatiente. Les feux s’allument, les bruits de klaxon deviennent assourdissants. Il a fallu attendre 18 heures 30 avant que le générique n’apparaisse sur l’écran de
20 m2. Dès le début, les images de « Elo mainty » intriguent. Des pas dans un couloir, un couloir de prison. Le film raconte l’histoire d’un jeune homme, Kiady, aîné d’une famille de quatre enfants, sans histoire, dont le père est subitement décédé. Il a dû quitter ses études pour aider sa mère à subvenir aux besoins de la famille. Mais quand l’amour vient s’en mêler, tout devient compliqué.

Une première réussie

« Elo mainty » dévoile la facette noire et complexe d’un jeune homme dont la seule motivation est d’assurer la survie de sa famille. Ce premier film d’Imasobank, réalisé par Andry Rarivonan­drasana, à plusieurs reprises primé dans les Rencontres du Film Court, dresse le portrait de notre société d’aujourd’hui. Il livre la vision sublimée de la relation familiale avec en contraste le réalisme criant de la vie des jeunes.
Andry Rarivonandrasana confirme son attachement à traiter les sujets de société. Poétique dans le film d’animation « Manja loatra » (2010), touchant dans le documentaire, « La rue, c’est ma vie », il revient dans cette fiction bouleversante. Les émotions sont au rendez-vous. Quand il a mis en scène Kiady avec sa copine dans une scène d’amour, les klaxons ont retenti à nouveau sur le parking du Jumbo Score.
Pour un premier film, Imasobank fait son entrée dans la cour des professionnels. Le scénario reste pourtant à peaufiner. Le jeu des comédiens aussi. Des débutants qui ont du potentiel mais qui manquent encore de travail, de spontanéité et d’expressivité.

Domoina Ratsara
lundi 05 mai 2014 source lexpressmada.com

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