La défense culturelle pour le développement

DSC_1198La médiation des savoirs locaux, la valorisation du capital culturel et la capacité des Malgaches à générer leur propre développement au cœur de cette conférence donnée par Dama.

Changement de paradigme » martèle le sociologue artiste Dama lors de la conférence intitulée « La défense culturelle : la langue malgache » qu’il a donnée, hier soir, au Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) Androhibe. La conférence s’inscrit dans le cycle de conférences et de débats programmés dans le cadre de la formation.
Après un brise-glace assez efficace, un Madirovalo presque repris en chœur, l’artiste a clairement défini le thème principal autour duquel s’articulera son exposé : la médiation. Comment harmoniser les deux univers, celui de l’élite et le reste de la population Quand il parle de la valorisation des savoirs locaux en des termes simples et compréhensibles, sans jargon universitaire, tout le monde se trouve sur le même niveau de compréhension.
« Quand je parle de fampandrosoana maharitra aux paysans, ils ont du mal à donner un sens à ce terme. En parlant de fampandrosoana lovain-jafy, ils s’y trouvent. Le discours sur le développement exclut les non-intellectuels. C’est le changement de paradigme dont on parle », a-t-il souligné.
L’artiste-sociologue évoque le sens aigu de l’observation du Malgache (faute d’avoir reçu une éducation à l’école). Il remet lourdement en cause la théorie qui considère la majorité de la population comme des « individus avec zéro développement », donc, « à développer ». Il y a un capital culturel énorme à valoriser et à capitaliser.

Valoriser les savoirs

« Actuellement, on parle de conception bioclimatique. Mais chez nous, on a déjà tout ça depuis longtemps avec la construction en terre. Quand il fait froid dehors, il fait chaud à l’intérieur. Quand il fait chaud à l’extérieur, il fait frais à l’intérieur », a-t-il
illustré.
Dans les échanges avec les participants, Dama a insisté sur la nécessité de la médiation. Les questions et les remarques ont, d’ailleurs, révélé une certaine sensibilité à cette approche qui consiste à valoriser les savoirs locaux et à reconnaître que la population locale a la capacité de créer son propre développement.
Il n’a pas manqué d’évoquer la chance extraordinaire d’avoir une langue unique à Madagascar. Une occasion pour lui de revenir à la lutte de 1972 qu’il a partagée avec l’assistance à travers des anecdotes. « La maîtrise de la langue maternelle est incontournable pour pouvoir maîtriser les langues étrangères. La construction du malagasy iombonana propose de prendre les apports des autres variantes régionales pour enrichir la langue malgache », a conclu l’artiste.

Domoina Ratsara
vendredi 09 mai 2014 source lexpressmada.com

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