Rencontres du Film Court – Le visage du cinéma malgache se révèle

Ils ont présenté une ou deux œuvres dans les éditions précédentes. Primés ou pas encore, ils reviennent pour révéler le visage du cinéma malgache d’aujourd’hui.

gasyQuatorze films en compétition dans les catégories animation (4), documentaire (4) et fiction (6). La compétition officielle a eu lieu hier soir, à l’Institut français de Madagascar. Les réalisateurs sont connus dans le milieu. Ils sont presque tous passés par les Rencontres du Film Court. Certains y ont grandi, d’autres y sont venus pour trouver leur chemin. La 9e édition se veut être le test de la confirmation de cette nouvelle vague de cinéastes qui va porter ce nouveau mouvement cinématographique qui se profile à l’horizon.
Dans l’animation, le talent se confirme. Sur le plan thématique, l’équilibre est bien tenu entre tradition et modernité, le style est d’une grande diversité. Selamanana de Herizo Ramilijaonina revient sur la rigidité de la tradition sur le mariage au pays bara ; Ikotofetsy sy Imahaka de Nathaniela Randrianomearisoa revisite le vieux conte. Tandis que les autres propositions, L’argent rend aveugle de Liva Razaka et L’abeille de Tojosoa Andrianarison posent la question sur le rapport de l’homme avec l’argent ou encore avec l’existence même.
Récolte des grains semés
Le documentaire a fait revenir les adeptes de l’observation. Sans commentaire, le film donne les réalités à voir. Plongeon dans les traditions avec Coups de hache pour une pirogue de Herménégilde Razafitsihadinoina, lauréat de la catégorie documentaire en 2013, invite à la fabrication d’une pirogue, et Mbanja de Gabriello Francklin qui est témoin d’une cérémonie rituelle du nouvel an. Campus B5 de Ali Yvesse Mohamed est une invitation à découvrir la dure réalité du campus universitaire de Barikadimy sans oublier le documentaire poétique de Danielle Raharivola « Môta Soa ».
Cette neuvième édition a vu la récolte des grains semés quelques années auparavant dans la catégorie fiction. Luck Razanajaona avec Madama Esther qui rêve d’aller à la mer avec son petit-fils, tandis que Tovoniaina Rasoanaivo, sortant de l’ESSAV, propose Orobores qui raconte l’histoire d’un homme qui voulait devenir romancier. Ody vy de Ando Raminoson renvoie l’image d’une société en proie à la criminalité grandissante.
Nantenaina Randrianantoandro et son Audition expérimentale, Freddy Ravelomanantsoa qui questionne l’homosexualité dans Ilay safidy et Tahiana Raminoson avec son Arc-en-ciel se sont affranchis du poids des discours dominants sur la tradition et la pauvreté pour mettre leur imaginaire au service de la création.
Domoina Ratsara
jeudi 15 mai 2014 source lexpressmada.com

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