Art contemporain – Le peintre spirituel Nikunja

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Intégrer l’art au corps, afin de vivifier le spirituel, c’est la mission que s’est assigné Nikunja depuis jeudi à l’Is’art Galerie. Majestueux mais humain.

La peinture lui colle à la peau. Nikunja, artiste contemporain Suisse, utilise des corps d’humains vivants pour réaliser ses tableaux. Ces œuvres trônent en témoin d’une quête spirituelle, loin de toute démagogie religieuse, à l’Is’art Galerie Analakely. Ainsi, l’exposition à Is’Art Galerie, à travers les peintures, les vidéos et l’installation, fait référence au savoir millénaire, « les murmures du soleil antique », qui fait écho dans la perception de chaque individu. C’est simple, durant le vernissage de jeudi soir, l’artiste étale méthodiquement des peintures sur le corps d’un membre du public. Ensuite, le pinceau humain se connecte à la toile. À partir de là, sort des esquisses mouvementées. Sans traits ni loi du regard, ses œuvres se posent au lieu d’affirmer. Nikunja possède cette culture de l’humain dans sa quête individuelle du spirituel. Pour ce faire, les participants amènent un objet de leur choix ayant une valeur personnelle. Un objet, de n’importe quelle matière et de n’importe quelle origine. Ils rencontreront Nikunja dans l’espace de la galerie, où ils amèneront l’objet et partageront son histoire dans leur propre langue. Il leur demandera ensuite de donner une partie de leur corps sur lequel il va inventer une petite peinture avec de l’acrylique. Il va créer des empreintes sur l’objet. Et, à la fin, enlèvera la peinture avec de l’eau.
Libertalia « feeling»
L’exposition s’inspire de l’ « Utopie des pirates, Libertalia, et la théorie de la zone autonome temporaire » ou Temporary Autonome Zone, TAZ, concept philosophique de Hakim Bey. Les pirates autour du Capitaine Misson ont créé cet état anarchique, sans lois, sans argent, sans propriété, avec une démocratie directe, au Nord-Est de Madagascar, et leur activité principale était la libération d’esclaves des bateaux esclavagistes dans l’Océan Indien. Ces esclaves sont ensuite devenus des citoyens de Libertalia. L’État a existé durant 25 années avant que les britanniques ne le détruisent par la force militaire.
Ici se voit l’aspect de la Taz, entre le concept par l’endroit spécifique de Mada­gascar et la réalité historique de Libertalia. Dans une période du temps où l’individu est en permanence consumé par la sollicitation des médias qui demande constamment des réactions, le Taz est pratiquement inexistant. Sans cet espace spirituel et subjectif, toute relation avec des valeurs culturelles et spirituelles, ainsi que la communication avec des valeurs éthiques est rendue à néant. Tous les aspects du projet dans sa forme présente, puis sa forme inattendue future devrait s’orienter vers les idéaux libéraux présents dans Libertalia.

Maminirina Rado

14 Juin 2014 source lexpressmada.com

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