Entre musique et « fights » au Coliseum 

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Le spectacle du Lundi de Pentecôte au Coliseum, malgré un spectacle à la hauteur, a laissé un goût amer. Le public a été livré à lui même.

Dès 14 h, un jeune homme est transporté inconscient par des secouristes improvisés vers le portail arrière du Coliseum d’Antsonjombe. Sa joue droite porte une plaie grande ouverte, à première vue une blessure due à un objet tranchant. À quelques mètres, une demoiselle essaie de fracasser une bouteille sur le sol du parking, surement pour en terminer avec l’autre demoiselle qui avance vers elle. Devant la scène, tandis que les danseuses de Jean Aimé s’affolent avec des déhanchés torrides, un jeune monsieur se fait piétiner par une horde de jeunes hommes en furie. Ensuite, un petit moment d’accalmie. Et les bagarres reprennent de plus belle.
Le Lundi de Pentecôte a été mouvementé pour certains et festif pour d’autres. Rempli presque à ras bord, depuis le fameux concert d’Ambondrona au mois d’avril, le Coliseum a connu un de ses meilleurs jours, hier. Sauf que les organisateurs auraient aussi choisi d’en faire un grand ring pour s’entretuer en musique. C’est la boîte d’évènementiel« Mada Pro » qui se trouve derrière les manettes. « Quand il va commencer à faire sombre, les lames vont sortir. À ce moment là, il faut être prêt à tout », fait remarquer Heritiana Randriamampandry, un spectateur qui préfère le calme des hauteurs des gradins. L’ambiance y est plutôt bon enfant.
Scène riche
Le nombre massif des spectateurs démontre que les cinq artistes venus au Coliseum ont la meilleure cote en ce moment. À commencer par la belle Stéphanie, si les « States » ont la beauté et la classe de Rihanna, la Grande Île a Stéphanie. Une bombe parmi les bombes, et en plus une usine à tube. Son morceau « Tsy vahaolana » est sans conteste le morceau de ce semestre. La devanture de la scène apprécie tout Antsonjombe et suit le mouvement spleen de ce titre qui se trouve dans la lignée de « Tsy misy roiroy ».
Les autres vedettes avaient aussi tout pour garder la même saveur au spectacle. Dans le lot, il y avait Rajao Mianakavy. Place au comique, cette bande d’acteurs chante, danse, joue et s’amuse sur la scène. C’est plutôt théâtral. Tsiliva, qui dès l’entrée en scène monte le niveau d’un cran, une simple formalité. Black Nadia et son coupé-décalé, une musique qui est maintenant accrochée à son image. Tout ce monde a mis fin au spectacle vers le début de la soirée. « Ce public mérite le minimum de respect. Ce n’est pas pour voir un autre spectacle, plus désolant, qu’on paie notre ticket. Comme si les organisateurs rassemblaient les gens pour les voir se casser la gueule », conclut Tsila Ramamon­jiarisoa, lui préfère décrocher avant qu’il fasse nuit.

Maminirina Rado

10 Juin 2014 source lexpressmada.com

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