Gasy Bulles – La bédé, objet de toutes les passions

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Une rencontre avec deux bédéistes nouveaux venus dans le milieu, Shinato et Andry Patrick, s’est tenue hier à l’Ifm. Tout autour du neuvième art.

Parler de bande dessinée, c’est à la fois passionnant, grisant et quelque part affligeant. Parce que, comme il s’est déroulé hier en fin de journée à l’Ifm Analakely lors de la rencontre « Parlons des arts », la bédé malgache est un enchaînement de hauts et de bas. Deux nouveaux dessinateurs de la nouvelle génération, Andry Patrick et Shinato, sont venus évoquer leurs parcours, leurs choix … C’est la journaliste culturelle Tantely Rasoanaivo, conceptrice de l’émission « Karibo» à la Radio Lazan’Iarivo, qui a joué le rôle de modérateur. Le débat a été au fil des minutes relevé par l’assistance composée de Pov, caricaturiste, et d’autres gens du métier de l’art.
« La bédé est marginale », cette déclaration sèche de Shinato répond à une interrogation venue de l’assistance. Car cette dernière a stipulé l’inexistence du neuvième art à Madagascar, prenant en exemple le parcours de Diogène le Cynique. « Comment sans internet, sans publicité, on parle encore de ce philosophe actuellement. Alors qu’il n’y a pas d’auteur de bédé connu jusqu’à ce jour». Une question cinglante, qui s’adresse surtout à tous les acteurs du monde de la bande dessinée nationale. De vrais éditeurs, étrangers, publient actuellement des dessinateurs malgaches, ça commence à bouger, mais sur le plan inter­­national.
Bédé vivante
Andry Patrick, a quant à lui, évoqué le dessin de presse. Pour ainsi dire, un aspect déjà en vogue mais qui reste encore à mieux explorer. Ce jeune homme a fait un récent Master 1 sur cette approche plus informative de la bédé. Il s’étale sur une manière d’avoir « une culture du dessin de presse ». Avant d’ajouter, tant que le caricaturiste « est soumis à une ligne éditoriale, il perd de sa valeur ». En partie vrai, car c’est un peu mettre le dessinateur en première victime de la censure ou de l’auto censure.
Cependant, on peut y lire des gens de ce monde des traits qui pensent à leur monde des traits, la bédé existe bel et bien à Mada­gascar. Cette rencontre a été inscrite dans le programme du festival de bande dessinée « Gasy Bulles », dans sa dixième édition. Après neuf jours d’ateliers, d’expositions et de performances en tout genre, le festival prendra fin demain en beauté avec le « Défoule­­ment graphique » à l’Aft Andavamamba, à partir de 18h30. Un premier bilan est de mise pour Domoina Ratsara, coordinatrice de Gasy Bulles. « La participation a connu une augmentation, plusieurs dessinateurs se sont vraiment impliqués. Éparpiller les lieux de manifestation a aussi été une bonne chose. Les ateliers ont été des succès ». Rendez vous est donc pris pour les dix prochaines années.

Maminirina Rado

13 Juin 2014 source lexpressmada.com

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