Le « very » francophone Smarty

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L’engagement du rappeur francophone Smarty, d’origine burkinabe, a conquis la salle de l’Ifm, samedi après-midi. Le « french touch » en rime.

Smarty, le rappeur du Burkina Faso fait du rap son engagement. Il a enflammé la scène de l’Ifm Analakely, samedi après- midi. Difficile à comprendre, mais le public a semblé vouloir ne pas laisser passer l’occasion. Ceux qui ont été présents ont pourtant eu le privilège de voir un manieur de rimes, accompagnés de ses propres musiciens, étaler une panoplie idéologique dans une musique travaillée.
Résolument contemporain, Smarty possède une aura particulière. Dans ses textes, il pompe et régurgite les ombres de la société. Un de ses titres « Au royaume de mes espérances » qui figure dans son album « Afrikan Kouleurs », a marqué l’après midi, à l’Ifm. Il compile la force mélodique du grand continent noir et toute la rage de vivre d’un jeune africain. Ce qui correspond à une musique de « ce-que-veulent-les-blancs-des-africains », capable de gagner des prix internationaux. D’ailleurs, il a remporté haut la main, le dernier concours musical de Radio France Interna­tionale. Tout à la gloire de la francophonie pour le petit Smarty.
Comparaison inévitable
« Sa musique est bonne en générale. Il prône des valeurs et veut se battre pour les protéger grâce à son rap. J’espère qu’il va rencontrer des rappeurs malgaches », émet Johasy Ravelonarivo, jeune spectateur, venu faire dédicacer l’album du rappeur qu’il s’est procuré.
A l’écoute de Smarty, il est difficile de s’empêcher de faire la comparaison. Le rap francophone africain et le rap local, possèdent autant de points communs que de différences. Le rap francophone africain est plus instinctif, le rap malgache est plus réfléchi.
Décidemment, les influences sont plus américaines chez les Malgaches. L’Ifm a tout de même offert sa scène à un grand nom du rap francophone. Smarty chante avec Soprano dans son album sur « N’tériché ». A la fin du spectacle, qui a duré plus de deux heures, la troupe s’est littéralement lâchée. « Avec ce rappeur, le rap est devenu une musique que la francophonie veut assimiler ou dominer, pour faire passer son message. Qui dit francophonie dit aussi France, c’est indéniable », analyse Fetra Radavidson, un spectateur en évaluateur.

Maminirina Rado

02 Juin-2014 source lexpressmada.com

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