« Aviavy » de Gangstabab, plus engagé

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Le rimeur en musique Gangstabab vient de sortir son deuxième album en dvd, dont le titre est « Aviavy ». Saignant et sans complaisance.

Plus d’une fois, Faniry Alban Rakotoarisoa a clamé. « Les rockeurs, les rappeurs, les slameurs, pourront être mécontents. Ils peuvent aussi par contre aimer ». Gangstabab, de son nom de scène, vient de sortir « Aviavy», son deuxième opus en son et image cette fois. L’artiste a su résumer en quelques mots son genre. « C’est de l’art oratoire mis en musique», ajoute t-il.
C’est simple, il parle en rimes au lieu de chanter. À travers des citations, des hain-teny, du slam, le kabary … le chanteur arrive pleinement à s’en sortir. Huit titres évoquant le social du petit peuple dans ses coins les plus sombres, l’amour et le quotidien. De sorte qu’une des plages, « Ranabavy » s’écoute comme un docu-film chanté. Les réalités de Tsaralàlana et des rues à filles de joie du pays, Gangstabab s’adresse à ses sœurs. Il se demande dans ses lyrics. « Fa maninona no zarazaraina … Fa maninona no vetavetaina » ou encore, « Matoa betsaka ny mpivaro-tena/Miha mahantra ny firenena».
Le ton est quelque peu moralisateur, le côté trop policé du kabary assouplit les ardeurs. Toutefois, les mots crus tels qu’ils se disent dans les dessous d’escaliers et les chambres de passe contrastent pour apporter une tournure plus venimeuse. « Actuellement, il faut être moins sage dans les chansons », avance t-il.

Sans sommation
L’aventure « Aviavy » est aussi marquée par « Mpiso­lelaka », du hip hop dans les instru et dans le flow. Gangstabab s’attaque aux « lèche-culs », traités sans sommation d’hypocrite, de vermine et de toutes les qualités que possède le plus doux des diables. Avec lui, le chanteur amène des musiciens comme Christelle Ratri, la bassiste, et Andry Benhkeli, le guitariste. Et la chanteuse Narindra, éblouissante dans sa voix veloutée dans « Ranabavy ». Tax se trouve à la batterie, Mika s’avère être un synthé, en tout plus de six musiciens.
Dans « Hafahafa », Gang­stabab revient à ses bases, du pop assez lent pour que les paroles frappent juste. Ce morceau surmultiplie les paradoxes. « Hafahafa ohatran’i Mada­gasikara/ Mahantra ambony volamena ». Cet extrait suffit à faire comprendre l’engagement plus expressif du rimeur dans cet opus en dvd.
La musique est plutôt survolante. Elle accompagne sans bousculer les textes, la basse se rythme au fil des alignements de rimes. L’humour aussi s’invite. « Hafahafa toa peta-korona voan’ny sery, avo roa heny ny fahavoazana », poursuit-il dans la chanson. Pour la promotion, un concert se tiendra demain à l’Aft d’Andavamamba à partir de 18 h 30. Ensuite, Gangstabab espère emmener son art à Paris, en France, à l’Insomnia le 25 juillet.

Maminirina Rado

03 Juillet 2014 source lexpressmada.com

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