Funérailles – Blazz rejoint d’illustres aînés

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Émotion et communion, hier, autour de Blazz, rappeur de légende, décédé mardi, lors de ses funérailles. Le départ d’un grand ami de la vie.

À l’unisson, le milieu du rap antananarivien a donné un dernier et vibrant hommage à André Harlys Rivotahiriarisoa hier. Vers 13 h, le cercueil quitte Antsa­habe. Son quartier. Son village. À jamais inscrit dans l’histoire du rap malgache, celle d’avoir vu la, naissance d’un groupe, Da Hopp, ensuite d’avoir abrité la voix de l’un des meilleurs ma­nieurs de rimes de sa génération. Blazz, de son nom de scène, est décédé mardi dans la consternation générale de tous les amateurs de musique urbaine de la capitale. D’Antsahabe, à l’Ekar Ankadivato jusqu’à Ambo­hibato Ambatomirahavavy, son tombeau familial, l’émotion accompagnait la famille et les proches du défunt, hier, lors de ses funérailles. Plusieurs personnalités du milieu hip hop ont tenu à être présentes. Dans le lot, Christian Razafi­mahatratra, ancien membre du groupe Bad Synkro et actuellement député à l’Assemblée Nationale. Tom, l’alter ego de Raboussa, Doubl’enn, aîné du rap malgache, Fréderic Rafehizato ou Psykôpasy pour la scène et tant d’autres.

Rayon lumineux
« Il a laissé beaucoup au rap malgache », lance Tom. Chacun avait sa manière de connaître Blazz. Chacun garde pourtant le même respect envers lui. C’est dans ces moments que, souvent, le vide laissé fait tragiquement comprendre l’envergure d’un tel artiste.
Vers 13 h 26, quand le cercueil de Blazz arrive à la porte de l’Ekar Ankadivato, un chaleureux rayon de soleil enveloppe le corbillard qui le transporte. Un jet lumineux effleurant la montée vers le portail de l’église. À l’intérieur, les proches venus nombreux entonnent,
« Mivoha ny varavaran’ny lanitra » ou « les portes des cieux s’ouvrentt ». Ceux qui suivent la scène au dehors comprennent que le grand rappeur part vraiment pour toujours. Ce rayon solaire fait penser au titre de Da Hopp, « Masoandro dôro ». Une ode à la vie. C’est comme si Blazz voulait encore rappeler à ses contemporains que l’espoir sera pour toujours un recours immuable. Durant la messe de requiem, Tahiry Ratsimba Razana­mamandry, membre du groupe Da Hopp et ami d’enfance, se lève et lui rend hommage au nom du groupe et quelques part au nom de tout le microcosme du rap malgache. Sur l’« Hymn to freedom » d’Oscar, il lâche d’une voix émue des textes de Blazz. L’émotion est difficile à soutenir. « Mila fitiavana tsy misy fangarony, tsy misy disadisa », clame le rappeur à travers son complice. Le cercueil a rejoint le tombeau familial aux environs de 16 h. C’est à Ambohi­bato Ambatomirahavavy que la dépouille d’André Harlys Rivotahiriarisoa repose pour toujours. Le rap malgache est en deuil.

Maminirina Rado

12 Juillet 2014 source lexpressmada.com

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