L’Ifm en 50 ans de cocorico à Madagascar

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Il y a un demi-siècle, l’Ifm, une institution française a commencé à être présente à Madagascar. La fête d’anniversaire s’est déroulée samedi à Analakely.

L’Ifm Anala­kely a proposé « Nuit 64 » samedi soir, pour fêter ses 50 années de présence à Madagascar. En gros, retrou­ver la fièvre des nuits tananariviennes de ces années ‘60, sous le son en sourdine du cocorico. L’établissement s’est transformé en scène multi plateformes. Il y en avait pour ceux qui voulaient du calme, du bruit, et les deux ensembles.
Dès le hall d’exposition, pas moins de quatre photographies aux dimensions généreuses montraient des jeunes malgaches, apparemment en train de festoyer. Les regards sont innocents, mais les gestes font penser à une future agora libertine. Ces premières images veulent introduire une certaine idée des mœurs qui se libèrent. L’Ifm est fait pour ça, voudrait-on dire. Au pied de l’escalier menant vers la média­thèque et les studios, un des deux écrans géants diffusent des images muettes d’antan. Troublant, ce général Gabriel Ramanantsoa, d’un 9 novembre 1971, placer un discours filmé. L’heure semble être grave. Seul le faciès du militaire parle, le corps est immobilisé et les mains ajustées à sa lecture. Dès cette époque, l’image paternaliste imposante de l’armée a déjà été engagée. Plus tard, vue l’évolution, cela s’est retournée en héroïsme surjoué, des fois glacial.

Archives d’époque
Dans le studio réservé aux Rencontres du film court durant le festival, des centaines d’affiches tapissent le mur. Une véritable remontée dans le temps. En passant, ces bouts de papiers rappellent l’époque centre culturel Albert Camus, première appellation de l’établissement à ses débuts. Quand le Ccac arborait des spectacles comme « Mozika vaovao », destinés aux musi­ques actuelles, durant lesquels la musique urbaine a pu s’exprimer sur une scène de dimension reconnue.
Dans la salle de spectacle, Joêlle Claude, accompagnée de musiciens dont Samy Andriamanoro, apporte une ambiance music-hall. À l’étage, une salle a été réservée à un dance floor. Des morceaux des années ’60, du temps des tourne-disques, égayaient l’assistance. Les visiteurs ne se sont pas fait prier pour entrer dans la danse.
Plusieurs personnalités culturelles étaient présentes, l’écrivain Johary Ravaloson entre autres, Jiary et Imalo du groupe Moajia aussi … Un autre détail, on a pensé à des personnages faisant partie de la programmation au début, mais la présence en masse de baraqués en costard faisait plutôt penser à une fête dans les locaux de la Dgse, ou dans les bureaux du gouvernement du temps de Vichy.

Maminirina Rado

30 Juin 2014 source lexpressmada.com

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