Musique – Blazz, pionnier du hip hop s’en va

blazz

La grande famille du rap malgache vient de perdre un précurseur. André Harlys Rivotahiriarisoa est décédé en pleine jeunesse. Blazz lâche le mic’.

Le hip hop malgache et les anta­nanariviens tournent leurs pensées à Antsahabe en ce moment. Dans la matinée du 8 juillet, André Harlys Rivotahiriarisoa est passé de vie à trépas à 39 ans. Il est l’un des précurseurs du rap malgache, vers la moitié des années ’90. Blazz, de son nom de scène, est et sera à jamais une référence dans le rap. Il a été un membre fondateur du groupe Mcm Boys au début, lequel s’est ensuite transformé en Da Hopp. Résumant une transi­tion de la danse au chant.
C’était l’époque des grandes découvertes après des années de disette créative due à une politique culturelle quelque peu parano. Le hip hop attendait André Harlys Rivotahiriarisoa au tournant. « Il est décédé à l’hôpital. Il souffrait d’une insuffisance rénale et il a commencé à s’affaiblir il y a un mois et demi », fait savoir André Stevens Rivonantenaina, son grand frère et membre du groupe Da Hopp. Le plus étonnant c’est qu’à sa mort il était le président du fokotany d’Antsahabe, Anko­rahotra et Ankazo­tokana. « Tel que je le connais, j’étais un peu sceptique quand il m’’a parlé de devenir un responsable du quartier, mais au final il a bien réussi », rajoute encore son grand frère.

Orientation décisive
Car le rap, Blazz l’avait dans le sang et dans le mental. « C’était un coriace », se souvient Tantely Rasoanaivo ou Bambs, une des premières rappeuses malgaches.
Le pionnier a commencé avec la danse,dans le collectif Mcm Boys des gars d’Antsahabe, un quartier du rap malgache. Plus tard, la troupe s’est tournée vers le chant. En partie grâce à Blazz. « Nous avons d’abord dansé et écouté du rap soft. Lui, s’est tourné vers le hard core. Nous étions étonnés. Ensuite, il a commencé à intégrer du malgache dans les textes quand nous en étions encore à l’anglais », se souvient André Stevens Rivo­nan­tenaina. Ainsi naissent les légendes, de ces coups de tête qui font qu’un genre musical évolue avec son époque. « C’est pour çà que c’est un Da Hopp, c’est à dire précurseur », commente Tahiry Ratsimba Razana­mam­pandry, un autre membre de Da Hopp. Cependant, la vie du défunt ne pourrait pas se résumer au rap. Il a été un technicien industriel en froid industriel. difficile de faire la relation entre la chaleur des scènes du hip hop. Il a travaillé en tant que technicien au ministère de l’Enseignement de la Formation Technique et Professionnelle, sans oublier ses responsabilités de chef de fokontany.
Le corps d’André Harlys Rivotahiriarisoa quittera son domicile à Antsahabe, demain à 13 h, pour une messe de requiem à l’Ekar Ankadivato avant de rejoindre le tombeau familial à Ambohibato Ambato­mirahavavy. « On va encore réfléchir à la possibilité d’un hommage artistique avant », a conclu Tahiry Ratsimba Razana­mam­pandry, hier.

Maminirina Rado

10 Juillet 2014 source lexpressmada.com

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