Musique – Solo Andry, l’alchimiste du sodina

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Entre histoire et envie de réactualiser, Solo Andry Razafindrabe a choisi un chemin de croix pour le sodina. Rencontre de l’antan et du présent.

Du sodina, Solo Andry Razafindrabe en a fait une mission et un livre. Il travaille actuellement comme agent de sécurité dans une entreprise privée à Ampi­tatafika.Auparavant, en 1986 il était membre du groupe Voninavoko. C’est au moyen de la danse qu’il a vécu ses premières scènes. Loin de s’en satisfaire, il décide d’explorer d’autres contrées artistiques.

« Je me suis rendu compte que la chorégraphie seule ne me permettait pas vraiment de connaître la musique. Alors, j’ai décidé de jouer des instruments », déclare t-il.
Voninavoko était la meilleure école, avec un gourou comme Dada Gaby. Il met un terme à sa carrière des années plus tard. Plutôt, il l’a rangé dans un tiroir qu’il n’a jamais fermé à clé. « En fait, le sodina vient des régions côtières de Madagascar, avant d’entrer au centre du pays. À Mananjary, ensuite à Toliara, remontant le nord vers Antananarivo jusqu’à Itasy», révèle Solo Andry Razafin­drabe. C’est pour cela que cet instrument de musique possède plusieurs appellations selon ces régions:
« Antsoly », « Soly» rappelant un peu un titre de Samoela, « Antsodina », « Antsody » et « Ndretsa ».

Futur livre
Autant de pistes se trouvant dans son livre « Sodina – Zava-maneno Malagasy », qui sortira sous peu. Ses recherches le poussent à trouver d’autres techniques d’élaboration du sodina. Il y a le matériel, parfois improbable, par exemple, la flûte en os. Il faut du souffle pour faire sonner ce morceau de radius ou de tibia de zébu. « C’était avec des os que les ancêtres ont construit, pour la première fois, le sodina. Je pense qu’il y avait au maximum trois trous au début. Pour les notes, ce sont les sons naturelles qui ont servi de référence », ajoute Solo Andry Razafindrabe, ou Remby pour la scène.
Selon ses recherches, des traces archéologiques prouvent ses propos. Il est allé jusque chez les académiciens pour en être sûr. Dans son livre, le musicien, concepteur de sodina, apporte aussi des méthodes pour pouvoir jouer de l’instrument. Ainsi, pour sortir le son, il faut souffler dans l’instrument sur du riz très chaud dans la cuiller. Le lecteur y retrouvera aussi un fameux Indrongolahy de l’Imamo. son jeu a abasourdi et tenu en respect les mo­narques de l’Imerina. La plus grande fierté de Solo Andry Razafindrabe est d’avoir créé une flûte en forme de « s ». Grâce à des créateurs comme lui, le sodina peut suivre la mode.

Maminirina Rado

25 Juin 2014 source lexpressmada.com

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