Peinture – Pierre d’Huparlac vers l’absolu

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À Madagascar pour deux mois, le peintre Pierre d’Huparlac s’est installé à l’Is’art Galerie Analakely, depuis hier. Paroles et œuvres d’humanité.

Depuis hier, « Sous l’emprise de la lumière », l’installation de Pierre d’Huparlac au l’Is’art Galerie Analakely initie le visiteur à sa quête. Une quinzaine de tableaux en ricochet sur Pierre Soulage, « le peintre français vivant le plus connu au monde. Il peint le noir brillant depuis soixante ans », révèle l’artiste. En résumé, tous deux veulent faire émerger la lumière du noir, de l’obscurité. « Sans parler de croyances », ajoute Pierre d’Huparlac.
Le frêle bonhomme est un livre ouvert. Son regard franc et son visage tracassé font penser à un type à qui la vie a vraiment donné du mauvais comme du bon. Le plus intéressant chez l’artiste c’est qu’il parle facilement de ses références jalonnant son parcours. Rembrandt, Jean de la Tour, Dali … autant de compagnons dans cette quête de l’absolu. Il a débuté à 12 ans au sein d’une famille modeste dans le Sud-Ouest de la France, région du bas de l’Auvergne plus précisément. « J’étais un peu bizarre. J’étais souvent en ballade au cœur de la nature », revient Pierre d’Huparlac quand il parle de ses premiers contacts avec la toile et le pinceau. C’est seulement à 35 ans qu’il intègre l’école des Beaux Arts de Bordeaux après une quinzaine de menu métier.

Magma intemporel
Son cheminement artistique l’emmène sous les traits du classique, du surréaliste et maintenant de l’abstrait. Fracassants, ses tableaux sont des happenings insondables. Il explique que devant une toile blanche, il sent que ce n’est plus lui qui peint. Il se laisse guider par son humanité. « J’attends de mes peintures qu’elles percutent, qu’elles touchent la conscience sans référence au visuel, à la culture. Toucher au fondement de l’âme de chacun », révèle t-il. En premier lieu, il peint le cadre blanc dans un noir complet profond, parfois du rouge. Ensuite, il crée une sorte de tumulte blafarde et incisive d’où se dégage une linéarité horizontale. Encore plus, Pierre d’Huparlac saigne ses plans pour faire ressortir les fonds noirs ou rouges. Fenêtre, fossé mystique, excroissance chelou … c’est surtout une manière de faire exploser chaque œuvre.
De son passage à Mada­gascar, il a réalisé quelques tableaux avec des petites annonces de papier journal. « Les petites annonces sont les rêves de vendre ou d’acheter, en espérant que ça va changer la vie ». Inutile d’en dire plus, il suffit de visiter son exposition jusqu’au 23 juillet. L’artiste peut parler de peinture comme de religion durant toute une journée, maintenant qu’il est un avec son art.

Maminirina Rado

04 Juillet 2014 source lexpressmada.com

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