Solomiral, gourous du « vakojazz »

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Flamboyant et majestueux. Le band Solomiral a fêté ses trente cinq années de scène au Paprika Ankorondrano, samedi soir.

Une heure avantle début du concert des Solomiral, au grand complet s’il vous plaît, au Paprika Ankoron­drano, des groupes de jeunes s’engouffrent dans une salle qui va s’enflammer. Presque un luxe. C’est le samedi soir d’un groupe légendaire, trop souvent calqué dans le jazz. En porte parole, Hajazz, avant de faire la balance de sa fameuse guitare à deux manches, recadre. « Nous jouons dans la variété et le jazz. C’est pour apporter une touche moins simpliste à notre musique ».

Solomiral va fêter en scène ses 35 années de scènes devant un public de connaisseurs, d’inconditionnels, et de mélomanes surtout. C’est en 1975 que le groupe est né. En fait, c’est « surement quarante années de scène, mais Fanaiky a opté pour trente cinq, alors nous avons tous suivi », remet Hajazz. Fanaiky c’est son frère, rien de moins que l’un des bassistes les plus capés à Mada­gascar.

Car la musique, c’est avant tout l’âme de la famille Rasolomahatratra. En 1975 à Tanambe Ambatondrazaka, Bruno Rasolomahatratra, fondateur de Solomiral, a décidé de créer la formation. Quel­ques-uns des frères avaient à peine douze ans. Plus tard, Bruno disparaît, et le groupe continue sans lui. Tous les membres sont pourtant des références nationales.

Vakojazz fraternel
Allant de Mendrika à la batterie, Hajazz à la guitare, Fanaiky à la basse, Ny Ony le moins connu mais un savant sans aucun doute. À leurs côtés, il y avait Andry aux percussions, une autre référence. Il se laisse aller. « Ce sont des maestros », lance t-il dans les loges. Après, place à plus de deux heures de road trip, « Lala » démarre la session. Ny Ony introduit le titre par un solo, Hajazz et Fanaiky le suivent. Mendrika entre dans le jeu. Solomiral est bel et bien dans la place. Ça fait un long moment que la capitale voulait ce genre d’évènement, ce premier morceau a dépassé les espérances.

Ensuite, suivent les « Tiako ny mozika », « Ara­haba » et les autres titres dessinés au ras. Les orfèvres illuminent la scène du Paprika. Le caractère musical de Solomiral s’inspire aussi du terroir. Le titre « Iabasaonina » réveille la tradition mélodique et rythmique des hautes terres.

« C’est un air chanté par les scouts, qui fait partie du folklore national », ajoute Hajazz. Il insiste pour rappeler que leur style, c’est du « vakojazz ». Fusion des mots, vakodrazana ou folklore, et jazz. En un concert, samedi soir, Solomiral a su résumer les trois albums qui ont jalonné leur carrière.

Maminirina Rado

30 Juin 2014 source lexpressmada.com

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