Album – Hil est « La Là la »

Hill-5

Dans les veines de Hil coule le sang de l’océan Indien. Réunionnais « de souche », il sort à Madagascar son album « La Là La ». Une séance d’écoute s’est imposée.

On le verrait plutôt nommer un prix Nobel de physique. Pourtant, Hilaire Chaffre, agriculteur et restaurateur réunionnais, est un artiste plus martien que conventionnel. Son album vient de sortir, aux couleurs de l’arc en ciel. « La Là La » est le titre officiel et en gros ça chante. « C’est pour danser, c’est pour écouter et c’est pour rêver », déclare le trublion. Une vraie pile quand il s’est mis à chanter lors de la présentation démo du disque, hier. Ça plaît ensuite d’écouter l’esprit qu’il a pu insuffler dans ce produit. Il a tenu à le mentionner sur la pochette, il faut bien se tenir. « Merci aux institutions de la Réunion de ne pas m’avoir aidé ».
« La Là La », Hil, son nom de scène et de groupe, a préféré mettre les points là ou il le voulait. Il voulait tellement sortir de ce cliché de chanteur subventionné.
« J’ai fait une réflexion sur notre musique, je me suis demandé pourquoi nous n’arrivons pas à percer le marché international », clame -t-il. Avant de continuer, « Presque la majorité des artistes locaux sont subventionnés».
Révolutionnaire jusque dans ses silences, Hil a construit lui-même son album.
Révolutionnaire averti
A le croire,il serait le quatrième d’une lignée baignée dans la musique authentique. Il rendrait fier Gramoun Lélé, la légende internationale du maloya. « Ça se veut aussi moderne … Je défends la culture réunionnaise », confie-t-il. Dès lors, sur ces quinze plages, il rend hommage à Maître Zamba, joueur de valiha et qui joue dans la formation. Une chanson ternaire à souhait. Mendrika se trouve entre les caisses claires et les djembés.
Il se peut qu’on y retrouve également, « Mon raison ». Une chanson d’amour à contre courant, loin des racontars de rigueur. « Tany hafa » est sûrement le morceau qui soulève le disque. Début ondoyant et cassure en maloya peu avare de souffle. Tonitruant, enchanteur, Hil fait croquer un morceau de paradis tiré de l’Indianocéa­nique. Il va faire connaître tout ça le 28 septembre au CC ESCA Antanimena. « C’est un défi », reconnaît-il. Un rêveur méconnu sous nos latitudes.

Maminirina Rado

01 Aout 2014 source lexpressmada.com

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion