Festival – Angaredona déploie ses ailes

DSC_8985

Unique festival de musique vivante de Madagascar, Angaredona 2014 a débuté, hier, à l’Ifm avec une première bonne impression. Les suites sont attendues.

Après les discours officiels, l’IFM Analakely plonge quelques secondes dans une lumière presque perceptible. La salle est déjà bercée. Ce bref moment d’apostrophe, dans tout festival, c’est presque magique. Peut être qu’on préfère faire passer les dieux de la musique avant tout. Quand André Rakoto­ralahy monte en scène, Angaredona 2014 peut déployer ses ailes. Hier soir, l’unique festival des musiques vivantes de Madagascar a débuté avec un artilleur de la valiha chromatique. Et il faut l’admettre, le choix de ce virtuose respecte à la lettre l’esprit Angaredona.
De cet instrument, il peut raconter toute une vie et ses « sur-multiples » voyages.
« La valiha chromatique possède un plus par rapport à la valiha diatonique. Comme une piano, il possède des touches bémols et dièses », lance t-il dans les loges, toujours prêt à distiller un mini cours magistral aux novices. Grâce à cela, plusieurs horizons musicaux s’ouvrent à cet instrument de musique traditionnel. Devant le public, l’artiste ose s’attaquer à un grand classique du piano façon bà gasy. « Ry toera-manirery » de Naly Rakotofiringa. Ou encore, un morceau dédié aux instruments à vent « Mandry ve ny ao an-tanàna », puisé dans le folklore national. « Vous savez, j’ai déjà enseigné le valiha à dix bonnes sœurs Carmélite », ajoute t-il tout sourire.

Fusion calée
L’escale d’André Rakoto­ralahy se termine sous des transitions de ton sur une seule chanson. Avec l’habilité d’un jongleur, il arrive à faire suivre les spectateurs. Il reçoit des applaudissements mérités. Talike Gellé débarque en transhumance. Joli minois, coiffée comme un personnage de Stars Wars, ce sont des cinquantaines de festivals à travers le monde qui va montrer sa nature. Sur un exprès brouhaha d’instrumentation, elle cloue la salle avec une entrée incantatoire d’une portée atmosphérique. La salle se trouve en plein dans « Salama ». Elle use de logique. « C’est pour dire bonjour ».

Ce qu’elle fait ensuite au micro en saluant le public en plusieurs langues. « Notre musique, c’est de la fusion », il fallait s’y attendre. Après elle poursuit. « Il y a des multitudes de rythmes dans le Sud. Alors, nous composons le jazz avec le sarandra, le banaiky et le funk, le tsinjambe … Tant et tant ». Issue d’une famille d’artistes de Tolagnaro, la chanteuse, tout comme son prédécesseur, entre aisément dans l’esprit Angaredona. Petit bémol, il ne faut pas avoir peur des mots, la sonorisation. Ce n’est tout de même pas la première fois qu’un public d’Angaredona regarde un concert à l’IFM. Le programme de ce jour d’Angaredona, ce sera avec Sorapo, Trio Miantsaly et Art’efatra à l’Ikm Antsaha­vola.

Maminirina Rado

16 Septembre 2014 source lexpressmada.com

You must be logged in to post a comment Login