France/Madagascar au cœur du débat

IMG_4275

Une conférence sur les relations « je t’aime, moi non plus » de Madagascar et de la France s’est tenue hier à l’Ikm Antsahavola. Élargissement des horizons.

Poser les bonnes questions, sans trop vouloir de bonnes réponses. Ça pourrait résumer la relation entre la France, ancien pays colonialiste, et Madagascar. Çà a été discuté hier à l’Ikm Antsahavola. En présence de sommités intellectuelles et culturelles, Jeannot Rasoloarison, historien, a choisi le thème « Repères historiques dans les relations France-Madagascar ». Ketakandriana Rafitoson, juriste et spécialiste des sciences politiques, Yltipienne sur « Les décideurs malgaches et la France durant les républiques successives ». Tatiana Razafindravao, diplomate, a opté pour les
« Perspectives des relations internationales, en particulier des relations France-Madagascar ». Des interventions suivant une linéarité historique, et quelques peu thématique.
Apparemment, la première période charnière a été inspirée par Louis XIV au XVIIème par l’instauration de la compagnie des Indes, sous le spectre des rivalités, françaises et anglaises. Ensuite vient le XVIIIème quand les Français ont su profiter des différends entre les groupes humains Merina et Sakalava. Radama II signe le traité du 12 septembre 1862 officialisant la relation franco-malgache. En 1841, Nosy Be tombe sous le protectorat français. Une première étape dans la colonisation. 1894 et 1895, Madagascar, surtout Antananarivo, tombe sous les coups de canon de l’armée colonialiste.

Chaud et froid
La période coloniale a été survolée, bien que la Reine de l’époque n’ait été qu’un ballon sans pouvoir politique ni administratif. La république arrive. Selon Ketakandriana Rafitoson. « Tsiranana a été considéré par les Français comme un modéré … Il n’a pas été le choix des Malgaches d’après les recherches ». Les républiques successives et les Etats militaires ont toujours joué avec la France le chaud et le froid, jusqu’au reniement des accords de coopération en 1973 par le ministre Didier Ratsiraka. « Il aurait outrepassé les directives de ses supérieurs lors de cette décision », ajoute Ketakan­driana Rafitoson. Quoi qu’il en soit, la France était toujours là.
La grande question aussi était focalisée sur l’ingérence française. Ayant des impacts sur la conscience populaire, cela a généré des perceptions comme la continuité de la colonisation. Durant le règne de Rajoelina, il est même arrivé qu’un pilier du Quai d’Orsay dise de lui que « c’est notre chouchou », ajoute Ketakandriana Rafitoson. La dernière intervention s’est basée sur des analyses personnelles mais précises de Tatiana Razafindravao. Ses arguments méritaient l’attention sur le fait que Madagascar ne possède pas de continuité dans sa manière de gérer les relations internationales. Autant d’éléments à décortiquer, lors de cette rencontre sous l’égide du Youth leadership training program et de la Fondation Friedrich Ebert.

Maminirina Rado
06 Septembre 2014 source lexpressmada.com

You must be logged in to post a comment Login