Photographie – Mamy Raël fige les cadences

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Un des photographes les plus prometteurs de sa génération, Mamy Raël, expose ses œuvres actuellement à l’Ifm Analakely. La précision latente des mouvements.

C’est à se demander pourquoi ses chorégraphes poussent leurs regards aussi loin. Une trentaine de clichés en noir et blanc de Mamy Raël sont actuellement en exposition à l’Ifm Analakely. Le vernissage de cette installation, hier matin, a servi de lancement officiel au festival de danse contemporaine « 321 ».
Mouvementés, mécaniques et jeux de hasard des interprétations … La photographie d’art, « sur l’art », prend ici plein cadre. Si quelques-uns sont marqués par des piqués diaboliques, d’autres se rythment dans des géométries arrachées au forceps. Cet artiste, plutôt taciturne, a capté un monde gardé et l’étale sans intimité jusqu’à samedi. « C’est un travail qui a commencé, je crois en 2003 jusqu’à cette année », relate vaguement le photographe.
Maintes fois primé, Mamy Raël a été surtout mis au premier plan en 2011. Lors du festival « Sar’nao » de cette année, son exposition sur les événements de 2009 et 2010, qui s’est tenue sur la face extérieure des baies vitrées du Louvre à Antaninarenina, a créé une panique générale. S’en suivit une interdiction, venue d’on ne sait où, pour calmer le jeu. Lui et les organisateurs ont dû s’y plier. Pour cette exposition à l’Ifm, c’est dans un autre domaine qu’il entraîne le visiteur. En majorité, plus tournée vers la contemplation que l’évocation.

Équilibre statique
« Je me base sur les mouvements et les actions des modèles. Ils ont une manière de sortir leurs expressions. Alors, même des doigts qui s’agitent peuvent se constituer en force », ajoute Mamy Raël, moins bavard sur les points techniques. Qui soit dit en passant, méritent aussi des éloges. Dans un tel exercice, la photographie peut aussi servir à déchiffrer la danse contemporaine aux nombreux non-initiés. Une danseuse suspendue tel un rapace, une décadence angulaire au moyen d’un filon étiré par quatre danseurs, un saut spectral aux effets intensifs de bouger, … Les clichés ritualisent les cadences à la manière d’un chef de fanfare. L’expression est moins fragile.
« Le choix du noir et blanc, le choix de ne pas titrer les tirages, c’est un peu pour casser les habitudes », met-il en évidence. Le visiteur n’a rien à faire que d’imaginer les mondes qui s’imbriquent dans chaque œuvre. Une posture moyenâgeuse détachée d’un noir caverneux, prenant l’air de l’intelligible qui pèse sur le visible. Un jeune homme hagard, oppressé de lumière tout au fond de la scène, laissant des danseurs virevolter sur les planches. Les lignes de force se joignent sur l’image, mais bien au-delà. Le festival « 321 » est lancé. Le programme continue, ce jour, avec des prestations au Cgm Analakely à 10h, au Tahala Rarihasina à 15h30 et à l’Ifm à 19 h.

Maminirina Rado

25 Septembre 2014 source lexpressmada.com

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