Piment Café – Les pages musicales de Levelo

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C’est la sève de la vie, coulant dans chaque titre de Levelo. Un style mouvementé, garni de couleurs.

Sabordé par l’émotion. Le Piment Café Behoririka a revécu les airs du plus grand poète du folk malgache, vendredi soir. Sur scène, sa petite famille et des musiciens sont venus rallumer le terroir que seul Levelo, décédé en 2004, a su extraire l’essence et la poésie. Un seul exemple suffit. « Faktera », littéralement : facteur, révèle la bravoure d’un postier, il en fait également un héros des campagnes. Magnifique tragédie baignée de latérite.
Au détour de toutes ses œuvres, il est difficile de ne pas mettre cet artiste au rang de poète. Il a vu la vie défiler, moins gâté que la plupart de ses contemporains. Le propre des grands génies de l’histoire humaine, il a connu la précarité. Il a connu les ravages et les joies, tout de même, des divers spiritueux. Il a été oublié. Propre des grands poètes, ses œuvres ont combattu les âges. Il a rendu magnifique, une langue, le malgache. A travers une éloquence à dompter les Verrines et les Philippiques. C’est osé, mais peu de paroliers lui arrivent à la cheville.
Vendredi soir, sa musique a trouvé un bon public. Le Piment Café s’est rempli comme il faut. Ça s’est levé des chaises quand les premières paroles s’amènent. « Izahay tonga mandray amponga/adino ny fiarahabana fa azafady e/maika ny hanao lamako/Lanon’ny mpianakavy tafahaona … ». Une progression à pas compté, toujours aussi magnifique, telle la construction d’un tableau, ainsi le ferait un peintre de la renaissance. Incisif, où les formes parlent pour elles et la précipitation parlent pour les sentiments. C’est de la littérature avant tout.

En pensant à
« Kivarivary », où il dépeint philosophiquement les jeux d’enfants, ce morceau, encore propre au génie, Levelo a pu faire s’enlacer paroles et mélodies. D’un ensemble désorganisé, il en fait une fable contemporaine. Rares sont les artistes qui arrivent à déceler la vie dans une goutte d’eau. Il le peut. Au Piment Café, il a fallu reprendre deux chansons, sans doute quatre, pour que le public fasse partir le groupe Levelo. Lui, l’artiste est déjà parti ailleurs.

Maminirina Rado

15 Septembre 2014 source lexpressmada.com

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