FILM-« Tee Shirt Man » revisite la politique

TEE-SHIRT-MAN

Le documentaire « Tee shirt man », réalisé par Tovonaina Rasoanaivo et produit par Laza, a été présenté hier. Dans les plis de la politique.

Arrêter son idée à l’équation tee-shirt/ propagande à Madagascar, c’est un brin accabler l’aspiration d’un peuple, quand bien même il se trouve au fond des bacs à ordures. La sentence de Andry, personnage principal perpendiculaire du documentaire « Tee-Shirt man », réalisé par Tovoniaina Rasoanaivo et présenté hier à La Teinturerie à Ampasani­malo en dit assez. « C’est aussi un peu pour savoir qui serait notre futur dirigeant ».
Les soixante dix minutes de ce produit plonge le spectateur dans l’univers défrisé des propagandes, lors de la dernière élection présidentielle. Andry est un collectionneur de goodies, ces petits gadgets qui accompagnent les promesses des candidats. Trente trois en octobre 2013. Une passion qu’il s’est donné depuis des années, festival, rencontre, match de foot, … Il trouve toujours un moyen pour avoir l’objet de son désir. Dans le film, qui est sélectionné pour la Mostra de Venise, il a parfois l’air d’un racketeur.
Des scènes arrivent à montrer coups de poings et pieds pour acquérir le tissu. Sans tenir compte des candidats, les finalités se ressemblent presque toutes. Les tee shirts découlent des trente trois rassemblements. La caméra suit Andry, tant qu’il peut assister à chacun d’eux.
Il est vrai que ce film montre ce que tout le monde croit savoir. Politique des promesses d’ivrogne et tout le tralala, symbolisée par un don en prochainement.

Contenu parfait
Mais Tovoniaina Rasoa­naivo prend la facilité à signifier les électeurs de moutons de Panurge. Même utiliser les références pour apporter les reliefs, le vendeur de glace « Miou miou », c’est user d’un langage nunuche sur les bords. Sauf qu’il s’agissait d’un work in progress.
Dans le jargon cinématographique, il s’agit de projeter les images prises, montées ou non, et recueillir les critiques du public. « Ce travail est aussi pour démontrer qu’on peut faire beaucoup avec peu de moyens », révèle le réalisateur. Le producteur Laza, directeur du festival des Rencontres du film court, est tout fier. Au delà de ce marketing bavard, on peut aussi y lire un fantasme.
Pauvre, la masse des « tee-shirtiens » s’acharne sur chaque don. Conscient qu’il est prêté et attendu à jouer ce rôle, de remplir les stades. Arborer un tee shirt à l’effigie d’un candidat, c’est une petite victoire sur le système indifférent au quotidien, représenté par tous les candidats. Cannibalisme d’idées ou besoin de trophée des bacs à ordures.

Maminirina Rado

23 Octobre 2014 source lexpressmada.com

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