Performance – Manjato clame le mal terrestre

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À travers son exposition performance « Terre à terre », Manjato lance un cri d’alerte en porte voix de la terre souffrante. Combattante pour l’environnement et l’humain.

Manjato roule sur ses toiles. C’est ce qu’il faut dire quand on a regardé cette artiste plasticienne « performer », hier après midi, au Craam à Ankatso, jour du vernissage de son exposition « Terre à terre ». Pour faire facile, l’artiste a réalisé une œuvre à partir de son corps. Voilà une partie. Elle s’est enroulée de cordage, de larges sachets en plastique et de plusieurs boîtes de peinture. Respect de la tradition, son style emprunte à toutes les expressions, musique, danse ou théâtre. « C’est un travail sur le corps, et sur l’esprit », assure-t-elle.
Un rectangle tapisse le sol. Manjato débarque au ralenti, pieds nus et investit le centre du rectangle. Elle convoque l’inspiration. L’assistance est alpaguée par ce que l’on nomme actuellement dans le jargon de l’art contemporain, la performance. La performeuse attrape et s’enroule dans la corde. « La terre n’est pas encore libérée, attachée par l’homme », signale-t-elle. C’est loin d’être fini. Manjato jette son dévolu sur le plastique transparent. « L’homme se trouve asphyxié par ses propres actes », ajoute Manjato. C’est la phase où les grandes vérités s’amènent.

Création directe
Puis, elle attrape des boîtes de peinture, rouge, or et vert. La toile va maintenant prendre forme. Un vide happeur. L’avant big bang d’un moment de création en aval mais déjà signifié en amont. Sans pinceaux, les couleurs s’étalent d’abord sur tout son corps. Ensuite, elle les transporte sur cet espace opaque devenu d’un coup une structure informe. Art du risque, Manjato veut bloquer les conventions, beaucoup avant elles et d’autres après elle le fera surement.
Pourtant, tout ce remue-ménage a été déjà pensé bien avant. « Actuellement, l’art a l’air de tourner en rond. Il y a trop de copieurs mais pas de créateurs. Pour moi, le corps peut parler », met-elle en avant. À travers
« Terre à terre », Manjato a voulu parler d’environnement, avec un côté tragédie cinétique. D’un ton sec elle rappelle, « Mon style et mes peintures sont étrangers. C’est moi qui suis malgache ». Le trop plein de l’expression : art malgache, elle en a assez. Donc pour elle, c’est l’expression d’une Malgache. On peut la retrouver ce jour pour une rencontre autour de la culture et demain pour révéler sa démarche artistique.

Maminirina Rado

16 Octobre 2014 source lexpressmada.com

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