Album – « Tsisy ahiahy » en world urbain

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Lewiky, poussé par ses compagnons de Voots Kongregation, vient de sortir son album « Tsisy ahiahy » aux couleurs urbaines. Les premières écoutes.

L’album live « Tsisy ahiahy » vient de sortir, hier, à Ampan­drana au quartier général de la maison Voots Kongrega­tion. Lewiky propose huit titres aux articulations épineuses. L’oreille arpentera les boulevards du funk, du rock, du reggae, du terroir, du soul, … Dans cet opus, Naday se place à la guitare, Jonjon Beyvon à la batterie, Rolf à la basse, Julie Ratefy aux synthés et Lewiky tient le micro.
À la base donc, du rock, du traditionnel et du jazz et toutes leurs ouvertures. Cela donne à l’écoute un opus totalement urbain. Avec la composition de l’équipe, rien d’étonnant. Le disque s’ouvre sur « Mbola tsara ». Ternaire, touffu. Ce morceau affirme tout de suite l’épaisseur de ce produit. Une identité accrochée à la basse obstinée de Rolf, les moments arrachés par Naday avec sa guitare. Le mood analogique de Julie Ratefy et Lewiky abat son flow massif et cabossé. Cette entrée en zone de turbulence inquiète déjà. Le vent souffle sur le béton des cités au lieu des vermeils champs de blé. Poussant à inviter le deuxième titre « Jijy bôka amin’ny fo » à épancher ces premières heures en immersion.

Sans inquiétudes
Lewiky emprunte beaucoup au terroir dans ses résonances vocales nerveuses. Dans le sixième titre couleur soul « Mena sôfy » littéralement traduit par – oreilles rouges, il s’attaque sans doute aux colonisateurs ou aux néo-colonisateurs. Ceux qui, d’après lui, ont pillé et déshonoré sans vergogne les Malgaches. Pour lui, ce n’est vraisemblablement pas de l’histoire ancienne. Loin de démoraliser, Lewiky annonce sa fierté dans « Salama Gasikara ». Il paraît que dans le pays, le poisson ne manquera jamais malgré les filets, tout comme les forêts et
l’accueil chaleureux. Sans
forcer dans l’exaltation téléphonée, la musique marche au pas. « Tsisy ahiahy » a eu la bonne idée de travailler au maximum ses mélodies et ses harmonies. Autant dans l’esprit que pour l’habillage, le disque a les moyens d’explorer l’international. Il conclut sur « Tonga », ou arrivé, dans la langue de Rabearivelo. C’est du Rolf en amour à plein nez, en avance sur son époque comme d’habitude. Dans cette dernière ligne droite, le disque annonce déjà une ouverture. Lewiky est encore loin d’avoir craché toute ses idées.

Maminirina Rado
05 Novembre 2014 source lexpressmada.com

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