Patrimoine – Le Rova d’Ambohidratrimo site menacé

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Un incendie, soi disant criminel, déclaré en fin d’après-midi mercredi, a failli ravager le Rova d’Ambohidratrimo. Consternation et questionnements.

Debout à l’est du Rova d’Ambohi­dratrimo et de ses trois tombeaux royaux, Marguerite Razafintseheno est atterrée. « Serviteur » sur cette colline sacrée, elle a failli connaître le pire. Les feux ont dévoré le versant oriental mercredi à partir de 17 h jusqu’aux petites heures du lendemain. Hier, le personnel était encore sur ses gardes avec des jerrycans d’eau en faction. « Je ne comprends plus ce qui nous arrive », lâche-t-elle, complètement atterrée. Tandis que la vie suivait son cours normal sur les lieux. Les amoureux se pavanent. Des sportifs s’entraînent. À part quelques amas de cendres parsemant le sol.
Comme on dit, il était moins une. Marguerite Razafin­tseheno ose à peine jeter son regard sur les trois sépultures de Ratrimo, Ramorabe et Rambolamasoandro. Tout doucement, le traumatisme s’installe. « Il y a déjà eu un incendie il y a deux ans, après les épreuves du bacc de l’année dernière », rappelle-t-elle. Le Rova d’Ambohidratrimo est bel et bien un site menacé. Les propos d’Hubert Raboto­manasa, directeur du patrimoine au ministère de l’Artisanat, de la Culture et du Patrimoine laisse sans voix. « C’était un incendie criminel, disons le honnêtement ». Une plainte a été déposée par la commune d’Ambohidratrimo. L’enquête débute.

Évité l’inévitable
Il a donc fallu cet incendie de trop pour que les choses bougent. À se demander si l’inévitable aurait pu être évité. En presque deux semaines, le site d’Ilafy, Mangabe et dernièrement d’Ambohidratrimo ont été la proie du feu. Au niveau du ministère responsable, un prétexte à l’urgence. « Nous allons prendre des mesures de protection en disposant des pares feu sur le site », avance Hubert Rabotomanasa. Par contre, la suite se jouera sur table. « Depuis des années, les sites patrimoniaux ont été gérés par le biais du plan de gestion simplifiée. Il faut savoir que les atteintes à un patrimoine ont été sanctionnées par de simples contraventions », ajoute t-il. Un plan de gestion plus rigoureux donc est en gestation en ce moment. Tout au plus, on s’y activerait avec vigueur. Pour l’heure Marguerite Razafintseheno et ses vingtaines d’années à servir le Rova d’Ambohidra­trimo reste dans l’expectative. Même si un écriteau stipule les règles à suivre dans le site, à commencer par la fermeture des lieux et de ses alentours à partir de 17 h. L’incendie s’est déclaré vers 17 h 30 mercredi. Les risques continueront de planer si le futur « plan de gestion », tant espéré par le directeur du patrimoine, n’est pas mis en route. Et quand la bureaucratie vient ensuite s’en mêler.

Maminirina Rado

07 Novembre 2014 source lexpressmada.com

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