Jacky Z – DeeJay : « La beauté peut se trouver derrière un clic »

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Jacky Z, le deejay icônoclaste, « èmcee » à son époque, symbolise un art de vivre noctambule des années ’90. Il tente une nouvelle percée en cette fin d’année.

Quelle est la différence des soirées de votre époque et celles d’aujourd’hui ?
En gros, l’esprit et le son ont disparu des oreilles des gens. À notre époque, on se voyait dans un endroit, on discutait, on est là pour un esprit d’échange. Amical, convivial. La musique ne servait plus que de prétexte. Pour résumer, des soirées à la cool, relax.

Quelle période vous a le plus marqué ?
Fin des années ’70, ’80. Je suis sûr qu’il y en avait de tout temps, mais c’est ce que j’ai vécu. Les années ’90, c’était à fonds et deux mille aussi. Un titre n’avait aucune chance si ce n’était pas un super titre à tous les niveaux. Dans les arrangements, la qualité vocale, les paroles qui vous parlent. On ne parle pas des titres qui vont disparaître demain. Aujourd’hui, il y a la densité musicale. À cette époque, c’était plutôt dans l’intensité. Par exemple, Otis Redding ou James Brown, c’étaient des gars impossibles à imiter en karaoké. Ce sont surtout les années ’80 et ’90 que c’était prolixe à la musique de dancefloor.

C’est quoi cet esprit, vous pouvez préciser ?
C’est bizarre, quand des formes de vibration se dégagent des sons, s’instaure alors un apaisement naturel. Il n’y a pas d’explication, c’est dans le domaine de la sensation. C’est ce qui fait que la musique est l’un des meilleurs vecteurs.
Vous parlez avec nostalgie d’une façon de vivre la nuit tananarivienne, comment trouvez-vous ce qui se fait actuellement ?
L’étonnant, tous les deejays sonnent pareils. Pour nous, les disques, il fallait les acheter, au pire les emprunter. Certains gars d’aujourd’hui n’arrivent pas à trouver leurs voies, pourtant il y a maintenant Internet. Il y aura toujours une différence entre un mec qui achète des pierres à Analakely et un autre qui va sur le terrain. La qualité, ça se cherche, comme le ferait un chercheur d’or.

C’est l’époque qui veut ça, qu’est-ce que vous feriez si vous étiez à leur place ?
D’abord, ils ont de la chance. Moi, j’irai dans les trucs alternatifs, après dans le milieu des pros. Faire des échanges entre professionnels pour trouver des sons qui ne sont pas du grand public. C’est terriblement passionnant. En cette période, la beauté peut se trouver derrière un clic. Il y a de bons sons actuellement, ça aussi je l’admets. Finalement aussi, on a beau jouer les jeunes, chacun fait son temps (Rires).

Vous avez l’air de concocter quelques chose, c’est quoi ?
Ce sera une soirée à l’Athana Royal Event à Ivato vendredi, l’ouverture des portes sera à 20h et plus. Ce sera purement dancefloor, pourquoi s’inventer d’autres trucs si c’est ce qui manque. Nous n’invitons pas les jeunes, s’ils viennent ils sont tout de même les bienvenus. Nous, nous avons vécu cette époque, et cette soirée veut aller au fonds de cet esprit-là. Nous avons vécu, pas par procuration, mais dans le réel.

Maminirina Rado

18 Decembre 2014 source lexpressmada.com

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