Peinture – Mécanique fertile d’Alain Rasolofoson

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Les œuvres protéiformes d’Alain Rasolofoson sont visibles, depuis hier, chez Max la Brocante à Isoraka. Le Sud dans toute sa puissance.

Avec dix tableaux accrochés chez Max la Brocante à Isoraka, jusqu’au 14 décembre, Alain Rasolofoson peint les parallèles. Né à Toliara dans le sud de Madagascar en 1974, il est parti des racines de son enfance, avec lesquelles il a su rapprocher les symboles du caché et du sacré. Ses œuvres sont des mécanismes transitoires. Cependant, comme la nature a horreur du vide, art brut et plénitude à l’insu des formes, des lignes et des couleurs, l’artiste se dévoile sans complication. Il frappe le regard avant de frapper l’esprit. « J’essaie de faire le trait d’union entre le classique et le contemporain », déclare-t-il. Loin de l’obsession du détail, le peintre travaille plusieurs éléments sur toile, avec au milieu, une scène de vie, ou un personnage. Mama Sana avec sa valiha. Un devin, une beauté pétrifiée, … Leurs yeux sont un peu hagards. Des deux côtés, des « aloalo » peints au mini rouleau. À ce qu’il paraît, il crée ses propres outils. En relief, des « Tanamparoratra », des « Papintantely », symboles de l’art et du groupe humain Zafimaniry. les « voatse », les « anak’amboa foritse », dans la tradition Mahafaly également. « Autant de symboles de l’identité malgache », clame t-il.

Mémoire du temps
Fils de Rasolofoson, un des rares cubistes malgaches, Alain Rasolofoson a aussi su apprendre ce genre presque inconnu à Madagascar. Sur une toile à l’huile, il érige en pyramide des maisons au style traditionnel du centre du pays. Il couvre le tas de voiles venteuses. « C’est parti de mon imagination », laisse t-il entendre. Au lieu d’être un paysage étouffant, cela donne une cité aérienne, peut-être sa manière de voir Faravohitra depuis Ambohi­jatovo. Nul ne le sait, même pas l’artiste. Les images arrivent en lui et se détachent de sa mémoire au fil du temps. Ses œuvres sont là pour graver ce qui est resté des fugaces moments du murmure des muses de l’inspiration. C’est en 2001 qu’il a vraiment plongé dans la peinture. « J’ai tâté le terrain, du coup je me suis trouvé finaliste aux Jeux de la Francophonie », rappelle t-il. La consécration est venue en 2008, il a envoyé, juste pour voir, quelques œuvres chez les organisateurs du festival Art Mondial à Londres. Ces derniers apprécient, il est convoqué sur place pour présenter ses œuvres. Pourtant, comme bon nombre de peintres malgaches, il est un pur autodidacte.

Maminirina Rado

05 Decembre 2014 source lexpressmada.com

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