CINÉMA – Lova Nantenaina au delà de l’informel

CINEMA

Hier, le film documentaire « Ady gasy » a été présenté par son réalisateur, Lova Nantenaina, au public. Entre les lignes de l’informel.

C’est sur, Lova Nantenaina a tout d’un énorme cinéaste. De la génération active, suite à un vide du septième art après la génération dorée Benoît Ramampy et compagnie. Il a présenté hier après midi son premier chef d’œuvre « Ady gasy », si un documentaire permet ce terme, à l’Hôtel de l’Avenue Analakely. Avant tout, il est important de rappeler que ce film a été maintes fois primé à travers une quinzaine de festival de renommée à travers le globe. En résumé, c’est une sorte de retour aux origines qui s’est tenu hier donc.
Le film s’articule autour de deux personnages, Florentine membre d’une troupe de Hira Gasy « Rahedisamimanana », opéra traditionnel malgache, et Rado un professeur d’art oratoire. « C’est un film kabary », avoue Lova Nantenaina. Au lieu d’être réducteur, il met des personnages du génie malgache face à lui-même et à sa précarité. Le regard arrêté de sauveur du monde, comme certains ont l’habitude de démontrer, est relégué pour les soi-disant civilisés. Ce sont souvent des plans intimes, d’homme à homme.

Chant d’espoir

En plus d’une heure de projection, on a l’impression que Lova Nantenaina manque un brin de faire l’éloge aux petites mains de l’informel. Là où les impôts sont des histoires de grand-mère. « Je l’assume. On a 90% de la population qui fait de l’informel contre 10 %. Alors, il faut reconsidérer les stéréotypes : qui est la normalité Ce secteur pratique le recyclage sans le savoir. Pour moi, l’informel est un formidable lieu de création », avoue t-il. Vu sous cet angle, « Ady gasy » est plutôt un chant d’espoir.
Lova Nantenaina vit maintenant son rêve. Il a fallu plus de deux ans pour qu’« Ady gasy » voie le jour. Côté technique, le réalisateur n’a pas hésité à prendre la caméra. « Pour être plus proche des personnages », signifie Lova Nantenaina. Après, le résultat a atteint des sommets inespérés. Allant d’Amsterdam, en Tasmanie, difficile à croire, au Sénégal, à Rio de Janeiro, à Londres jusqu’à Rouen. On peut dire que ce film est la signature cinématographique de Madagascar actuellement. Sûrement, d’autres viendront.

Maminirina Rado

30 Janvier 2015 source lexpressmada.com

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