Théatre – « Rehefa injay mitepo ny foko » fascine le public

theatre

Une pièce de théâtre traditionnelle comme on en voit rarement, le tout orné de poésie. Le public du Tranompokonolona Analakely a eu le privilège de la découvrir ce samedi.

Vertueuse et à la fois imagée en profonde moralité sur la société actuelle, et l’amour qui y subsiste. La comédie poétique intitulée « Rehefa injay mitepo ny foko », qui s’est présentée telle l’une de ces pièces de théâtre mythique d’antan, a amplement ravi le public ce samedi après-midi. Portée à bout de bras par la jeune troupe Vasia, composée d’une bonne dizaine de poètes issus autant du cercle de poètes « Faribolanana Sandratra » que de l’Havatsa Upem pour certains, la pièce a fait écho de son élégance au « Tranompokon’olona » Analakely, tout en y valorisant l’art oratoire malgache. Les rideaux se sont ouverts vers 15h sur un fond de musique folklorique malgache, comme les morceaux des illustres Etienne Ramboatiana ou Barijaona.
Ceci-dit, c’est à travers les quelques morceaux du groupe Judh Gasy que les chansons bà gasy ont accompagné la pièce, un trio de chanteurs qui chante aussi bien qu’il illustre les valeurs malgaches. Des valeurs que la pièce et son metteur en scène Nandrianina Maevatina ont mis un point d’honneur à mettre en avant. Elle affirme « Actuellement, les aspects socio-politiques de la vie quotidienne prennent le pas sur le reste. Or, il existe bien plus de priorités qui devraient tout autant avoir de l’importance, dont les valeurs de l’amour, la compassion et la solidarité au sein de notre société ». C’est ainsi que se sont lancés, durant plus de deux heures, divers échanges et dialogues sous couvert de poésie entre huit personnages, tous aussi éloquents les uns que les autres.

Théâtre poétique
En tout, telle une tragédie à la Shakespeare, l’histoire raconte les péripéties de deux familles, l’une bourgeoise vivant en ville et l’autre paysanne, dont les deux enfants se sont épris l’un de l’autre. Avec la jeune oratrice Nanou Raharisoa à la narration, les mises en scène se sont succédées sur les planches du « Tranom­pokonolona » Analakely.
En tout quatre couples de poètes se sont présentés au public. À commencer par Nirisolosoa et Gazela Meva qui interprétaient le couple de paysans parents du jeune Rima, ce dernier étant épris de Hanitra Olive dont les parents, citadins interprétés par les poètes Tsitohery et Ny Eja, se laissent ronger par le contexte socio-politique dans lequel ils vivent. Les modestes personnages de Tiavina et Meva viennent ensuite compléter le tableau.
« Afin de mieux mettre en valeur nos œuvres poétiques et littéraires, on a longuement médité sur la réalisation de cette pièce. On s’est concerté sur le choix de chaque poème, et on est ravi que le résultat obtenu convienne aussi bien au public», a confié Nanou Raharisoa. De l’amour de la patrie à l’amour platonique en passant par le romantisme, les thématiques abordées à travers les cinq seynettes garnissant la pièce ont subjugué le public. D’autant plus que les prestations musicales des chanteurs Simon Randria et Felaniary ont agrémenté cette comédie poétique, malgré de gros soucis techniques au niveau de la sonorisation. C’est ainsi à l’unisson que le public a chanté leurs plus grands tubes comme « Ianao irery » pour Simon Randria et « Ny fitiavako anao » de Felaniary.

Andry Patrick Rakotondrazaka
27 Juillet 2015 source lexpressmada.com

You must be logged in to post a comment Login